‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 305 sur 341 · Voir II' vol., note du ch. iii, Ilisl. de Versailtes · texte numérisé non relu

Voir II' vol., note du ch. iii, Ilisl. de Versailtes

Bien que le monde intellectuel constitué n’ait pas cru devoir les regarder, et que le monde catholique mitigé n’ait pas daigné s’en servir, il y avait donc là une arme, comme ceuxlà ne pourront jamais en affronter et comme ceux-ci ne pourront jamais en utiliser de semblables^.

« Extériorité de la parole divine, et deux mots encore sur le TRADITIONALISME. » — JustifiODS maintenant nos appréhensions en écoutant d’abord les anciens amis de M. l’abbé M..., ensuite les éclectiques indifférents, puis enfin les rationalistes purs. Quelques mots de chacun d’eux pourront nous édifier parfaitement sur la portée d’un tel enseignement.

Voici d’abord la Revue catholique de Louvain, rédigée dans un grand esprit de bienveillance pour M. M..., qu’elle défendait hier encore. Aujourd’hui, après lui avoir reproché de ne pas avoir cité l’exemple des sourdsmuets, allégué par le traditionalisme {a) : « Ne serait-ce pas. dit-elle, parce que cet exemple prouve trop bien que, bien que la pensée et la parole soient naturelles à l’homme, celui-ci néanmoins ne parviendra jamais à se former des idées nettes sur les premières vérités, ni par conséquent à les exprimer, si V enseignement ne lui fait apercevoir, ne lui découvre, ne lui révèle en quelque sorte ces vérités en les nommant et en lui apprenant à les nommer [h) ? ... Le désir très-louable de faire de la conciliation a décidé j\1. M..., d’un côté, à porter les concessions beaucoup trop loin, et, de l’autre, à méconnaître, tout en combattant justement les excès du traditionalisme, « tout ce que cette doctrine renferme de vrai... (c) »

Voilà le langage d’une amie véritable. Voici maintenant le jugement porté dans la Revue des Deux Moîides (cette terre classique de l’éclectisme) par un ancien rédacteur du Globe (M. deRémusat). Nous prions nos lecteurs de bien remarquer ce passage que personne n’a relevé et qui méritait tant de l’être.

ff La pensée d’une révélation naturelle , comme le fait entendre M. M..., et nous pouvons certifier qu'il est dans le vrai, est une des pensées qui peuvent le plus contribuer à ébranler la foi dogmatique. Sans doute, on peut soutenir, et il n’est pas hétérodoxe de supposer que tout est révélé, en ce sens que tout vient de Dieu et qu'à le prendre ainsi la raison naturelle ellemême est une révélation ; mais ce point de vue est également celui du théisme rationaliste, et l’on peut, en s’y plaçant, diriger de fortes attaques contre la nécessité de toute religion révélée. Or, il est assez remarquable qu’en ce moment une partie notable des apologistes orthodoxes tendent à se

(a) On connaît la magnifique dissertation de M. de Bonald sur la nécessité d’une parole supérieure, pour expliquer la parole humaine.

{h) Cette revue est ici d’une autorité d’autant plus grave que, depuis, elle paraît avoir, au jugement de Rome, mieux précisé la question que toutes les autres.

(c) Ibid.

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