VIEILLES ATTAQUES RAJEUNIES
l’athéisme , la science astronomique se contente au xix® d’un anti-christianisme décidé. Sans doute on peut compter de tx’ès-honorables exceptions, mais n’est-ce pas la majorité qui se vante tous les jours d’avoir fait voler en éclats ce vieux monde que nos regards abusés, les simplicités de notre bon sens, et plus d’une tradition vénérable semblaient nous avoir imposé ? N’est-ce pas sur tous les tons qu’on nous répète ce mot d’un incrédule allemand : « Le christianisme est mort le jour même de la naissance de Copernic et de Galilée ^ ? »
Que nos lecteurs se rassurent, nous n’avons nulle envie de rentrer pour le moment dans l’examen de ces périlleuses questions, qui, toutes vieilles qu’elles soient, peuvent fort bien s’attirer encoi'e, on le verra, de vertes et toutes jeunes réponses.
Nous l’oublions trop vite; si de fausses conceptions sur {'infini dans l’espace conduisirent plus d’un Bruno au plus formidable athéisme ; si, par suite des mêmes erreurs, Lagrange professa le sien avec assez d’impudence pour scandaliser jusqu’à ses frères et amis ; si le marquis de La Place crut illustrer sa mécanique céleste par ce mot tristement célèbre et rajeuni plus tristement encore par le docteur Littré ^ : « Dieu lui-
même EST DÉSORMAIS UNE HYPOTHÈSE INUTILE... »; lîOUS OublioilS troj[) facilement, qu’ après tout et avant eux. Copernic fut chrétien, que Képler le fut jusqu’au plus complet mysticisme, et que pour Newton, le grand Dieu de V attraction était bien celui de cés mêmes évangiles, à la concordance desquels il avait appliqué |ous ses soins.
Or, comme depuis ces grands hommes, les deux ne doivent pas avoir changé, comme l’infini reste le même, on ne voit pas pourquoi l’autorité des disciples l’emporterait aujourd’hui sur celle de leurs maîtres, ni pourquoi des enfants respectueux tire-
4. Voir, dans V Athenœum français du 16 décembre 1854, les attaques à l’étranger de MM. Brewster, SasonoÉf, etc. , attaques renouvelées et développées en France par MM. Babinet (Revue des Deux Mondes, 15 janvier 1855), Reynaud ( Terre et Ciel), etc., etc.