S II
Le télescope des sens et le télescope de Tâme. — Esprit moderne, génie antique.
— L’infini matériel conquis et l’infini spirituel perdu. — Conséquences cosmologiques du moindre phénomène spirite. — Rentrée prochaine de l’astronomie dans la théodicée. — Esprits indérangeables de M. Reynaud. — Grande revanche philosophique.
'f, — Les deux télescopes.
On ne nous accusera pas d’avoir amoindri la gloire, le génie des temps modernes et les merveilles du télescope. Maintenant, une grande question se présente ;
S’il venait à rester démontré, que ces grandes conquêtes accomplies dans le domaine de l’infini matériel, ont été tristement compensées par la perte de l’infini spirituel, si,... mais, dès ce premier mot, on nous arrête pour crier à l’injustice : « Vous oubliez, nous dit-on, qu’en démontrant l’infinie multiplicité des globes, le télescope nous conduit forcément à l’infinie multiplicité des mondes; comment pourrait-il donc se faire qu’en peuplant l’infini de créatures intelligentes, l’astronomie moderne n’eût travaillé qu’à la glorification de la matière? N’était-ce pas, au contraire, servir merveilleusement la cause de l’esprit, que de détruire le ridicule mono-
1. Nous produirons au chapitre Sabéisme de bien précieuses révélations sur Copernic et Galilée, et quelques aveux non moins importants du baron de Humboldt sur le privilège tout exceptionnel, accordé a la matière