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UN RÈGNE PERDU ET RETROUVÉ

et de toute la terre, que les croyances de tous les sages, les affirmations de tous les cultes, avaient raison contre nous, le jour enfin où le dogme impossible et chassé rentrerait n’importe par quelle fissure... il s’ensuivrait nécessairement que, malgré tous ses mondes et toutes ses lois, notre philosophie ne s’en serait pas moins très -grossièrement fourvoyée depuis trois siècles sur un principe fondamental, et ne nous aurait pas laissés sur ce point, de mille lieues en arrière, non-seulement des classes les plus infimes mais des Cafres et des Esquimaux, qui eux, du moins, n’ont jamais perdu ces vérités transcendantes.

Quant à la cosmologie , elle se trouvera bien forcée de nous accorder à son tour ce second principe inséparable du premier; lorsqu’une espèce, et a plus forte raison, un règne s’est trouvé si complètement perdu que son existence passée EST RIDICULISÉE COMME UNE FABLE, LA RÉAPPARITION DU PLUS MINIME INDIVIDU DE CE MÊME RÈGNE, ENTRAINE DE PLEIN DROIT LA RÉINTÉGRATION DU RÈGNE TOUT ENTIER, COmme dans

une famille solidairement entacl^e d’un seul et même déshonneur, la justification d’un seul membre entraîne nécessairement la révision de tout le procès, et, provisoirement du moins, la réhabilitation générale.

Mais nous n’en resterons pas là ; cette restauration du règne une fois effectuée, qui donc pourrait encore douter de sa portée? qui pourrait se vanter de pouvoir assigner telle ou telle limite à toutes les variétés d’espèce et de mission ?

Nous avons parlé, dans notre premier mémoire, d’un astronome éminent qui, dès les premiers jours de l’épidémie spirituelle de 1853, s’en allait répétant à tout propos : « C’est une bien lourde affaire qui nous tombe là sur les bras, c’est une bien lourde affaire. » Cet astronome avait raison; comme Bayle déclarant que « la constatation d’un seul esprit malin le forcerait d’accorder au catholique tous ses dogmes. » M. B... comprenait parfaitement tout ce que le moindre esprit frappeur pouvait éclairer ou briser en fait de systèmes et de lois

IMPORTANCE COSMOLOGIOUE , ETC.

cosmologiques. Peut-être sentait -il instinctivement, que du lutin au bon ange il n’était pas bien loin, que l’ange, , de son côté, menait nécessairement à Varchange, et que d’archanges en dominations^ de dominations en trônes^ de trônes en vertus et de vertus en recteurs et en archontes i, on ne saurait bientôt plus où l’on pourrait, où l’on devrait s’arrêter.

Qu’on se garde bien toutefois de nous prêter une prétention qui n’est nullement la nôtre en ce moment, celle de vouloir, par exemple, réinstaller sur leurs trônes sidéraux ces antiques moteurs dépossédés ; il est vrai qu’on nous forcera d’y revenir très-souvent et nous 1q ferons, non pas en prophétisant, comme le comte de Maistre, « qu’il sera bientôt impossible de soutenir le contraire » mais en nous contentant d’affirmer que tout système abandonné et ridiculisé par suite de la négation angélique, doit, au jour de la restauration générale, pei’dre son ridicule et son impossibilité absolue.

D’ailleurs, il ne s’agit pas ÿniquement de la direction des astres. Il est dans la météorologie mille phénomènes q\ii s’arrangeraient à merveille d’une intervention mystérieuse, et nous en toucherons plus tard un grand nombre. En ce moment, encore une fois, nous nous contentons de la résurrection d’un grand dogme et de l’indication de ses plus lointaines perspectives. C’est ce que Leibnitz appelait un établissement scientifique.

Nous demandons seulement qu’on laisse h quelque nouveau Leibnitz le temps de réédifier.

C’est débuter par un travail ingrat, nous le sentons. Mais il en est un bien plus ingrat encore, c’est de faire entrer dans cet établissement le misérable personnel dont le spiritisme moderne est venu nous gratifier. Nous le savons, ce personnel rappelle bien plus la cohorte sauteuse d’Hoffmann et de

■t-^ectores et cosmocratores, de saint Paul.

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