‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 48 sur 341 · GRANDE REVANCHE PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

GRANDE REVANCHE PHILOSOPHIQUE

Grimm, ou les sinistres figures de Méphistophélès et de Bertram, que les grands archanges de Milton ; l’infini paraît les séparer. Mais depuis quand l’apparition de bandes indisciplinées, d’éclaireurs aventureux, d’une avant-garde en un mot, ne ferait-elle plus soupçonner les approches de la garde et de tout l’état-major de l’armée?

Au rester tous ces symptômes de la nouvelle idée astronomique, M. Reynaud paraissait vraiment les avoir pressentis, lorsqu’il disait, dans son fameux livre de « Terre et Ciel: » « Les méthodes du xviii® siècle, pour attaquer le moyen âge, ont vieilli, il est urgent d’en chercher d’autres. » C’est pour cela sans doute que, contrairement à toute l’école actuelle et notamment à celles de MM. Littré et Renan, il s’exécutait généreusement et que, après avoir consacré la première partie de son livre à l’astronomie transcendante, il consacrait la seconde (qui Je croirait?) à la réalité des esprits angéliques. Les circonstances et 'l’à-propos ôtaient peut-être un peu de mérite à la concession; mais enfin, c’en était une, et certes elle eût mérité beaucoup de reconnaissance si l’auteur la tenant à trop haut prix n’avait pas inséré dans le cahier des charges certaines conditions inacceptables; il stipulait, par exemple, que ses anges n’auraient rien de commun avec ceux de la vieille théologie, ciue ce seraient de purs esprits cosmologiques, « nécessairement engagés dans le monde des corps, » et surtout « des Esprits (c’était la condition sine qua non) qu’on NÉ DÉRANGERAIT JAMAIS, » c’est-à-dire qui n’interviendraient en rien dans les affaires de ce bas monde.

Sans cet amendement, qui disait tout, la théorie n’aurait jamais passé ; du reste, quoique stipulée dans ^s termes, celle des esprits cosmologiques pourrait encorei^merveilleusement s’accorder avec la thèse que nous défendons aujourd’hui; pourquoi malheureusement, ogl le des esprits mdérangeahles (qu’mon nous pardonne ce mott) s’accorde-t-elle aussi mal avec Jes théories bibliques, qui ne veulent jamais nous montrer dans les anges que des mlac, c’est-à-Klire des ambassa-

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deurs, et par conséquent des fonctionnaires que l’on dérange toujours^7...

Encore une fois, toutes ces questions reviendront à leur heure ; qu’il suffise à celle-ci d’avoir bien établi ces deux incontestables assertions.

i" C’est à partir du ivii' siècle, c’est-à-dire à partir de ses premiers et plus brillants succès, que l’esprit humain se mit à oublier tout d’un coup la plus belle moitié de son Credo, « visibilium et invisibilium, » à mutiler la création dans sa plus riche partie, en un mot, à briser, au nom d’un télescope de cristal, ce grand télescope de l’ âme et de l’esprft, qui s’appelle la foi, télescope mystique qui, — nous le verrons plus tard, — avait su devancer l’autre et révéler objectif ses plus brillantes découvertes.

2" Le débarquement sur nos cotes, il y a dix ans, de nos agents spirituels, n’entraînât-il d’une part qu’une éclatante revanche philosophique, et de l’autre qu’une suspension quelconque, qu’une simple hésitation sur la justesse de nos principes cosmomatérialistes actuels, ce serait encore un événement aussi capital dans son genre, que pourrait l’être en politique la réapparition d’une dynastie déchue, fût-ce à l’extrême frontière de son royaume.

Étrange inconséquence cependant !... chaque jour voit consacrer des volumes à lapompeuse installation dans la science d’un infusoire ou d’une espèce de ciron, dont on avait longtemps

1. Ce livre de M. Reynaud, auquel nous reviendrons fort souvent, paraissait au même moment que le nôtre; fort applaudi dans les régions universitaires malgré ses tendances angélologiques, fort censuré dans^celles « de l’orthodoxie malgré son spiritualisme irrécusable; du reste, trop SïtVant pour les poètes, tr^) poétique pour les savants, nous craignons fort que le nombre des lecteurs capables de comprendre un tel livre n’ait été fort restreint.

Quant à%es Singea indérangeables ne s’est-il pas rappelé que le mot ange signifiât tout le contraire, jpuisqu’ il vient de qui veut dire

envoyât C’est donc uniquement, comme le dit saint Augustin, u^ nom de fotiction : « Si tu demandes leur nature, dit-il, ce sont des esprits; si.tu demandes leur fonction, ce ^ont des anges. »

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