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Le Cosmos du baron de Humboldt

Toujours dans cette même année 1853, M. J . , di¬

recteur du Musée industriel de Bruxelles, et l’un des savants les plus spirituels de notre époque, essayait de convertir Al. de Humboldt à ces mêmes faits de tables et ^esprits qu’il avait eu la faiblesse de constater par lui-même et de regarder, ainsi que nous, comme des faits « de la, plus haute importance. » La lettre était pressante de conviction et de logique, mais le baron, oubliant la sortie que naguère il avait faite contre « les grands airs d’une arrogante incrédulité, plus pernicieuse à la critique que la crédulité même, » oubliant encore son autre sortie de 1852 contre le scepticisme de notre Académie des sciences à l’occasion d’un fait observé par lui-même^, le

1 . Il s’agissait de la déviation de la boussole, obtenue à distance, par la force de sa simple volonté. (Voir le t®'' Mémoire, ch. iii, § t.)

IMPORTANCE COSMOLOGI QUE , ETC

baron, disons-nous, s’empressa d’imiter ceux qu’il venait de trouver si coupables; il crut pouvoir, sans se contredire, s’opposer, au nom de son expérience personnelle, à la masse d’expériences, très-personnelles aussi, du savant bruxellois, et de cent mille autres témoins.

La, poutre d’arrogant scepticisme qui lui paraissait si menaçante dans les yeux de ses voisins ne lui semblait même plus un fétu dans les siens.

Seulement, cette fois-ci, la dénégation fut aussi spirituelle que gracieuse, et le grand homme, en battant fort gaiement la campagne, vint prouver une fois de plus qu’on peut avoir une grande dose de génie et manquer en même temps des premiers éléments de toute bonne philosophie.

Ainsi donc, ce qui avait tant préoccupé les plus beaux génies de tous les siècles, ce qui pouvait lui livrer une des clefs de la nature et de l’histoire, ne lui paraissait plus qu’une folie...

Frappante application du terrible ut non sciant formulé par la Bible, à propos de l’aveuglement des savants : Tradidit mundum^ ut non sciant; Dieu leur livre le monde, afin qu’ils

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