LES FORCES; ESRRIT OU MATIÈRE
Cependant Bayle, déjà fatigué de rinsuffîsance de ces vains mots' : lois de mouvement, figure, repos, etc., avait fini par s’écrier que « tout cela était bon quand on n’avait pas quarante ans, et que les plus excellents philosophes commençaient à douter de l’excellence de leurs principes » Encore une fois, peine perdue ! protestations inutiles ! le ciel ne fut plus depuis lors que « la mécanique céleste, » et l’attraction « le véritable Dieu de toute la machine uranique. »
Mais, comme le dit si bien le comte de Maistre, « l’attraction ne pourra jamais être qu’un mot mis à la place d’une chose 2,» et, comme cet illustre écrivain, nous croyons que « lorsqu’on nous répète à satiété, qu’il est superflu de nous livrer à d’interminables recherches sur les causes premières, parce qu’elles sont inabordables, et qu’il suffit à notre faible intelligence d’interroger l’expérience et de connaître les faits,... «nous croyons avec lui, disons-nous, que « nous ne devons pas être la dupe de cette fausse modestie, attendu que toutes les fois que la science moderne s’incline en disant : Je n’ose avancer, c’est qu’elle yoit devant elle une vérité qu’elle redoute »
On dirait vraiment que le comte de Maistre, favorisé du don de seconde vue, avait lu dans les œuvres de M. Littré, vingtcinq ans à l’avance : « Essence des choses, causes dernières, questions théologiques et métaphysiques, tout cela est en dehors de l’expérience... la science positive ne peut devenir métaphysique n
Cependant de Maistre n’était pas seul à protester.
De temps en temps, s’appuyant sur ces textes magnifiques de saint Paul : « C’est en Dieu que nous puisons l’être, le mouvement et la vie ; » « Ce monde visible n’est que la traduction,
4. Voir l’article Cainües, dans lequel Bayle donne la préférence sur tous les autres au système des intelligences.