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tres des Finances autrichiens et hongrois décidèrent, en mars 1892, de préparer le retour à la circulation mé: tallique et à la convertübilité du billet. Renonçant de suite à rétablir l’ancienne parité or du florin, et considérant qu'il valait mieux consolider le fait accompli sans provoquer de bouleversement économique à l’intérieur du pays, ils adoptèrent le principe de l’étalon d’or dont la suprématie s’affirmait alors en Europe et dans le monde entier, et que l'opinion à l’intérieur du pays réclamait également.
Ces études aboutirent à la Loï monétaire du 2 Août 1892, établissant en Autriche-Hongrie le régime du monométallisme-or. La nouvelle unité monétaire serait la couronne = + florin; pour calculer le poids d'or fin que l'on devrait y incorporer, on prit la moyenne du change durant les trois années précédentes, ce qui donnait 120 Îlorins pour une livre sterling, ou 2 francs 10 pour un florin; le pair de la couronne fut ainsi fixé à Fr. 1,05 équivalant à 1/3.280%° kg. d'or fin. Les pièces d'or avaient cours légal illimité, et le métal était admis à la frappe libre; l'Etat conservait le privilège de la frappe des pièces d'argent, de nickel et de bronze, admises seulement pour une certaine proportion dans les règlements.
Ainsi était créée la monnaie métallique. Mais faute de stock d'or suffisant, il ne pouvait être question de rétablir la convertibilité du billet; le cours forcé fut maintenu jusqu’à nouvel ordre.
La circulation, au 31 Décembre 1891, se montait à 867 millions de florins en billets inconvertibles, sur lesquels 412 millions étaient des billets d'Etat. Dès la réforme de 1892, les deux gouvernements entreprirent de les remplacer par les billets de la Banque austro-hon-
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groise, moyennant un dépôt d'or correspondant. L'ordonnance impériale du 21 Septembre 1899, consacrait l'achèvement de la réforme entreprise en 1892: tous les billets d'Etat avaient disparu, et la couronne devenait monnaie de compte officielle à partir du 1* Janvier 1900.
Cependant, un point restait en défaut: la suppression du cours forcé n'avait pu être évitée, les deux gouvernements de la monarchie austro-hongroise n'ayant pu se mettre d'accord à ce sujet. La Banque ne fut donc pas tenue de rembourser les billets dont l'émission, néaimoins, élait subordonnée à une couverture métallique des 2/5 (1). En fait, la Banque pratiqua dès l'origine, en 1892, une politique de devises tendant à la stabilité du change austro-hongrois. Ainsi, pour n'avoir pas été réalisée pleinement, la réforme monétaire instaura en fait, dans le pays, un système {out à fait voisin du Gold Exchange Standard indien (2). Le public avait confiance dans le bille‘ de l'Institut d'émission, et s’en servait à l'habitude, laissant refluer vers celui-ci les espèces d’or ; la Banque, de son côté, comprenant supérieurement son rôle de régulateur monétaire et de stabilisateur du change, prit d'elle-même, alors que nul ne l'y contraignait, l'initiative de maintenir le change dans des limites voisines des gold points, en achetant ou en fournissant des
(1) En outre, lorsque l'émission dépassait le stock de plus ne 20 millions, le surplus était passible d'une taxe annuelle
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(2) La réforme austro-hongroise représente une forme supérieure d'application du Gold Exchange Standard System, comparée aux expériences de l’Inde, de la République Argentine et du Brésil. En Autriche-Hongrie, cette application était un état de fait, non règlementé par la loi, et, partant, plus souple. La Banque pouvait avoir une politique du change, comme autrefois le Bureau de Manille, et pratiquer, sur le marché des devises, ces interventions dont les exemples se sont multipliés, depuis la guerre, en de nombreux pays.
traites sur l'étranger, au pair. Le mécanisme de l’opération est des plus simples: la Banque achète ou vend des lettres de change sur Londres, selon que le change national est favorable ou défavorable. L'opération pourra être avantageuse, comme elle pourra se solder par une perté, peu importe: le but poursuivi n’est point d'acheter et de revendre dans de bonnes conditions, mais, par ces achats et par ces ventes, d'assurer la stabilité du change.
Ce système donna les meilleurs résultats en Autriche- Hongrie à partir de 1901. Le change resta stable et le stock d'or alla en augmentant. La crise de 1907-1908 troubla momentanément cet équilibre, mais la secousse fut de courte durée et au 31 Décembre 1910 les réserves or atteignaient 1.320.549.934 couronnes. Lorsque, le 8 Août 1911, fut prorogé jusqu'en 1917 le privilège de la Banque austro-hongroise, cet Etablissement reçut l'autorisation de provoquer à son gré la reprise des paiements en espèces ; mais elle devait en attendant continuer à maintenir au pair, par tous les moyens, le change austrohongrois. La guerre survint avant que ne fut levé le cours forcé du billet. |
La réforme monétaire a ainsi abouti en fait à l’établissement de l'étalon or de change. Cet état de fait ne fut pas voulu, comme aux Indes, en République Argentine ou au Brésil, mais, ainsi que dans ces trois pays, il fut considéré d’abord comme une étape nécessaire mais temporaire du rétablissement de l'étalon d'or où Gold Standard. Puis, à l'usage, on s’aperçut des avantages et de l’économie du Gold Exchange Standard, et l'on jugea inutile d'aller plus loin, puisque l'on pouvait ainsi assurer à meilleur compte la stabilité du change par rap-
PERAE ES
port à l'or. L'expérience austro-hongroise, plus que toute autre, met en lumière cette « spontanéité des phénomènes économiques » dont parle Adam Smith, spontanéité qui a fait surgir en différents points du monde et à Ja même époque, un système monétaire dont la théorie ne fut édifiée qu'après les nombreuses expériences qui mirent en valeur son intérêt et son utilité.