‹ Des études classiques [microforme]Chapitre 12 sur 16 · D RENAN TS TAIN ARTE DER PES · texte numérisé non relu

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Mes Seigneurs, M. le Supérieur, Mesdaes et Mes-

SLEUTS,

Invité à vous parler de l'instruction collégiale au point de vue pratique, je n'ai pu me défendre de beaucoup d'hésitation et d'embarras avant d'entreprendre une tâche si délicate dans les circonstances actuelles.

Je ne possède, j'en fais tout de suite l’'aveu bien sincère, ni l'autorité pour décider un litige récent qui se complique de plus en plus, ni la science technique pour apprendre quelque chose de nouveau à Messieurs les éducateurs et les élèves de Ste- Thérèse, Mais j'appartiens à la famille térésienne, et, à ce titre, j'attends de Nos Seigneurs les évêéques lindulgence qu'ils ne nous ont jamais ménagée. De mes jeunes frères qui ont le bonheur de rester à la maison j'aurai bien la permission de deviser fanilièrement avee eux de choses qui importent à leur avenir, au succès de toute leur carrière.

Cette question de l'éducation, qu'on ne devrait toucher qu'après de longues et consciencieuses études, est appelée, de notre temps, comme à toutes les époques de l'existence humaine, à régler la vie des nations et à décider de leurs destinées.

Les peuples contemporains, tels que nous les voyons dans leur épanouissement ou dans leur étiolement présent, sont, dans la plus stricte acception du mot, ce que les ont faits l'éducation de leur jeunesse depuis un siècle, et dans un siècle, les nations qui domineront ou qui auront été écrasées pourront s'en prendre encore à l'éducation qu'elles distribueront à leur jeunesse durant le siècle qui s'ouvre.

Plus que jamais l'éducation est la préoccupation du monde intellectuel de l'Europe latine, où d’excellents esprits se demandent si tout n'est pas à refaire, à vemodeler dans les méthodes à suivre pour élever la jeunesse.

Des réformateurs nombreux et puissants soutiennent la thèse de l'éducation moderne, avec une vigueur d’argumentation et une abondance de déductions dont on ne pent nier la haute signification.

Les tenants de l'éducation classique basée sur l'étude des langues mortes et des sciences métaphysiques, quelque peu oublieux du changement de circonstances, adhèrent aux anciennes méthodes avec toute la ténacité que peut créer l'autorité des résultats merveilleux obtenus par le passé. [ls soutiennent que les hommes du passé vaudront toujours les hommes de l'avenir, dans quelque champ du savoir où dans quelque degré de vertu et de célébrité que l’on voudra établir la comparaison.

C'est au fruit qu'on juge l'arbre, disent-ils, et l'éducation que les modernisants proposent ne

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