‹ Des études classiques [microforme]Chapitre 5 sur 16 · PR LP EU D PT · texte numérisé non relu

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par un témoignage non suspect, celui de MM. les directeurs du collège des Trois-Rivières, qui éerivent dans leur annuaire de 1897-98 :

“ Ce plan d’études à l'avantage : 1° de faciliter

“ l'accès aux carrières commerciales ou industrielles ‘un très grand nombre d'élèves qui n’y pourraient “ pas parvenir sans cela ; 2° de rendre profitables “les deux ou trois premières années de collège ‘après lesquelles près de la moitié des élèves sont ‘ forcés, pour diverses raisons, de discoutinuer leurs “ études : 3° de donner à ceux qui continuent leur “ cours, les connaissances pratiques dont ils ne “ sauraient se passer plus tard : 4° de rendre le “ classement des élèves plus facile et plus avan- “ tageux à leur entrée au collège ; 5° de donner aux “ parents et aux directeurs de la maison le temps ‘ convenable pour jnger de l'opportunité qu'il y a

“ pour l'enfant de faire son cours classique : 6° de “ permettre à plusieurs jeunes gens de talent qui “ ont terminé ailleurs leur cours commercial de “ compléter en six ou sept ans leur cours classique “ qu'ils n'oseraient entreprendre sans cela. Enfin ‘cette organisation ne nuit en rien à la force des

“ études classiques qu'elle favorise, au contraire, en “ affermissant les élèves dans l'étude de la langue “# maternelle et des langues vivantes, avant de les “ livrer à l'étude plus difficile des langues mortes. “ Elle n’augmente pas non plus la durée du cours “ d'études qu’elle diminue au contraire d’une et “même de deux années pour un grand nombre

“ d'élèves bien préparés d'avance dans de bonnes ‘ écoles.” |

Je conclus de ces faits et de ces dires: 1° que l'on peut épargner du temps sur l'étude du grec et du latin, sans nuire à la valeur réelle des études classiques : 2° que ce temps épargné pourrait être attribué à l'étude des langues vivantes et des sciences. Au lieu de renvoyer tout l'enseignement scientifique à la philosophie, on pourrait le distribuer, à doses convenables, à travers les classes de lettres.

Du reste, cela se fait ailleurs. Cela se fait dans les lycées anglais, allemands et même français ; et cela est en train de se faire jusque dans Îles petits séminaires, si j'en juge par une lettre très élaborée que le recteur de l’université de Lille, Mgr Baunard, vient d'adresser aux évêques de France et où il expose les raisons et le plan du nouvel enseignement qu'il faudrait organiser. Si Mgr Baunard écrit ainsi au point de vue des petits séminaires, que dirait-il à l'adresse des collèges ecclésiastiques comme ceux de notre pays ?

I ya plus. Voilà qu'en Aumnérique, au Canada, tout près de nous et tout autour de nous, les collèges catholiques ont évolué dans la direction que j'ai indiquée : le collège de Suint-Bonifuce,

au Manitoba, sous la direction des Pères Jésuites :

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