JE NE DÉNIGRE POINT LES ÉTUDES CLASSIQUES
Je reconnais volontiers tout ce qu'elles ont de puissance et de vertu pour exercer, développer, assouplir, discipliner, affiner les intelligences. Je proclame qu’elles sont la haute culture intellectuelle et le meilleur apanage des classes dirigeantes. l'out cela, je l'ai dit plus d'une fois, et voilà pourquoi je me croyais dispensé de le redire le 9 novembre 1598.
Mais,—car il y à ici un mais, et je le souligne— étant admis le principe, c'est-à-dire ln valeur incontestable des études classiques, il reste à débattre
une question secondaire : quelle est la dose de grec
et de latin nécessaire dans l’enseignement classique ?
Et je constate tout de suite que c’est une qüestion libre, puisqu'elle comporte une grande divergence d'opinions et qu'elle a été résolue diversement, même dans notre pays. A côté de nos vieux collèges, il s'est fondé des collèges d’un type nouveau et mieux adapté, dit-on, aux besoins du pays. Et c'est le clergé, ce sont des prêtres, ce sont des évêques qui ont pris, ici, l'initiative. On a retranché un an ou même deux ans aux études latines et grecques, et l’on à fait précéder le cours strictement classique d’un cours pratique ou commercial. Tous les collèges qui ont été fondés depuis 60 ans, ont adopté ce nouveau plan d’études : ce sont les collèges de Sainte-Anne, Lévis, Rimouski, Chicoutimi, Trois- Rivières, Sherbrooke, Ste-Marie du Monnoir, Joliette, Rigaud, St-Laurent. J'entends dire que Mgr de Vrlleyfield, qui avait organisé d’abord son collège sur l’ancien type, vient d'y supprimer une année de latin.
Je ne discute pas la valeur intrinsèque du nouveau système, Je constate simplement le fait que ces collèges nouveaux existent, qu’ils ont prospéré, qu'ils ont été affiliés à l’Université Laval, et qu'ils n'ont pas cessé, depuis, de faire autant de bacheliers et d'aussi bon aloi que les vieux collèges. Et leur succès s'explique facilement, si j'en juge
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