‹ Des études classiques [microforme]Chapitre 8 sur 16 · NE EE · texte numérisé non relu

NE EE

OBSERVATIONS, y

Bien petit sera toujours le nombre de ceux qui recherchent uniquement l'instruction pour ellemême, pour la distinction qu'elle donne, pour Îles nobles jouissances qu'elle procure. En revanche, il est bien grand et il grandit toujours le nombre de ceux qui ne demandent à linstruction—même aux études classiques-—rien autre chose que le moyen de s'élever dans l'échelle sociale, d'arriver plus vite et plus sûrement aux honneurs, au pouvoir, à la fortune. Et dans l'étude du latin lui-même, que cherche-t-on le plus souvent ? Est-ce bien le commerce int i :ctuel de Cicéron et de Virgile / N'estce pas plutôt l'utilité pratique de cette langue pour ceux qui se destinent aux carrières libérales ou se préparent aux fonctions sucerdotales ?

Done, je le répète, on ne saurait faire nabstraction de ce côté pratique. C’est un devoir pour l'éducateur d'en tenir compte et de l'adapter aux besoins particuliers de son pays et le son temps. On l'a toujours fait, du reste, surtout depuis trois siècles, et voilà pourquoi on à vu s'élargir graduellement le cercle des études classiques. Il fût un temps où le latin absorbait tout, même lu grammaire, la rhétorique, la philosophie. Peu à peu le grec, ies langues modernes, l'histoire, la

géographie, les sciences ont forcé les portes du

temple.

Aujourd'hui les langues vivantes et les sciences naturelles réclament une place plus considérable. On peut penser, avec tant de bons esprits, qu'elles y ont droit: et s'il n'est pas déraisonnable de le penser, pourquoi serait-il inconvenant de le dire ?

Est-ce là sacrifier à l’utilitarisme ?

Non, c'est comprendre simplement les exigences de notre temps, de notre état de société, des conditions particulières de notre vie nationale, dans ce pays où nous naurons Jamais trop de toutes les forces et de toutes les ressources pour maintenir notre position, défendre nos droits, sauvegarder nos intérêts essentiels.

C’est servir la cause nême des études classiques contre les entreprises tapageuses des humanités modernes.

C'est prévoir de loin et conjurer peut-être le suprême malheur qu'il y aurait pour notre pays de voir nos éducateurs ecclésiastiques et religieux débordés par l'opinion publique et menacés de perdre leur glorieux privilège de diriger ou contrôler à tous ses degrés notre éducation nationale.

C'est faire acte du bon citoyen et de bon Cunadien.

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