PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT
L'éventration, en dehors des cas rares où le malade réclame l'opération à cause des souffrances qu’il endure, semble à priori pouvoir être conservée sans grand danger, surtout si les occupations du porteur sont peu activés. Il n’en est rien et cette affection est justiciable sans hésitation de la cure radicale. Le port d’une ceinture abdominale n’en arrête point la progression (Obs. D). Elle augmente avec le temps et la masse intestinale devient de ce fait plus difficile à réduire. Il se forme, en outre, des adhérences qui, bridant l'intestin, amènent une diminution de son calibre et un amincissement de ses parois, ce qui augmente les difficultés de l’opération et la rend plus dangereuse, exposant à la déchirure del’intestin très difficile à suturer et même à réunir par les boutons de Murphy ou de Jaboulay.
Dans un seul cas, et il s’est présenté dans la clientèle de M le Professeur Pousson, l’expectative est permise : c’est quand la hernie est très volumineuse et que, manifestement trop distendue et faible, la paroi ne pourra jamais se restaurer. Disons de suite que ces cas ne se présentent que pour les vieilles éventrations, l'opération précoce peut toujours être tentée avec chances de succès.
Il est toujours ennuyeux pour le chirurgien d’avoir à faire subir à son patient une nouvelle opération pour corriger les mauvais résultats de la première. Aussi est-il bon de se demander si en pratiquant la taille hypogastrique on puisse faire de telle sorte que cette complication soit sinon empêchée d’une façon absolue, du moins rendue extrémement rare. Nous pen-
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sons qué de ce que nous avons dit de la pathogénie de celte
complication découle un procédé prophylactique. Sans parler
des procédés de suture de la plaie opératoire, décrits dans tous
les ouvrages parlant de l’éventration post-opératoire, et qui ne
sont vraiment efficaces que quand toutes les conditions favorables
sont réunies : bonne paroi, bonnés suites opératoires et bon
matériel, nous proposons un procédé qui, lui, sera toujours suivi
d'effets, car il réparera certainement les dégâts opératoires. Il consiste en la fixation par un point de suture au catgut, passant
dans le fascia propria et le fascia transversalis, du cul-de-sac pre-
vésical à la paroi abdominale antérieure dans l'angle supérieur. de la plaie opératoire. Celui-ci ne pourra plus descendre jus-
qu'au pubis, s’y fixer, formant ainsi une amorce de sac her-
niaire. De plus, pour ne laisser aucun espace mort dans la cavité
de Retzius, fixer la vessie par deux points au catgut de ie
côté de la ligne médiane au corps des droits.
L'intervention sanglante curative doit, pour éviter le retour de l’éventration, ermpècher l'intestin de descendre dans le culde-sac prévésical ; refaire une solide paroi.
L'incision pourra être rectiligne si la hernie est petite avec peu de distension de la paroi ; au cas contraire, la peau exubérante sera circonscrite entre deux incisions courbes à direction verticale, se réunissant au-dessus et au-dessous de l’éventration.
Le sac herniaire sera disséqué; on rompra les adhérences qu’il a pu contracter avec l'anneau herniaire ou le bord supérieur de la symphyse pubienne. Cette opération ne pourra peut-être pas se faire sans déchirure du péritoine. Ne pas s’en préoccuper, isoler le sac et le réséquer le plus haut possible. Refermer la cavité péritonéale par double plan de suture.
Aviver les bords de l'anneau aponévrotique par résection du tissu cicatriciel ou bien, enlevant toutes traces d’aponévrose, aviver les bords internes des droits.
Rechercher la face antéro-inférieure de la vessie et la suturer par deux points au catgut de chaque côté de la ligne médiane aux muscles droits, le fl cheminant en long dans l'épaisseur des parois vésicales sans pénétrer jusqu’à la muqueuse.