‹ Des ExostosesChapitre 28 sur 50 · LAURE · texte numérisé non relu

LAURE

classiques de l’adénite tuberculeuse : hypertrophie, caséification, adénite et périadénite suppurée. Aujourd'hui donc un travail de synthèse assez avancé a groupé tous les degrés de la tuberculose ganglionnaire. Il se pourrait bien que, pour la tuberculose osseuse, on ne fût pas aussi avancé. Actucllement les formes très caractérisées ou, du moins, qui nous semblent telles sont celles où la virulence atteint déjà un haut degré, en allant de la carie sèche de Volkmann à la granulie osseuse, en passant par les divers types detuberculose enkystée et d'infiltration tuberculeuse. Nous pensons, cependant, que le bacille de Kock peut amener, dans le squelette, des modifications moins caractérisées, se traduisant uniquement par une.inflammation locale du périoste,en certains points mais sans caractères spécifiques et par une réaction susceptible de produire de l’os, ce qui nous expliquerait la formation spontanée de certaines exostoses, dépourvues de tous caractères de tuberculose osseuse et se produisant à tout âge, chez des sujets tuberculeux dont le système squelettique était jusque là demeuré sain.

Jusque dans ces dernières années le processsus tuberculeux, dans le squelette, était généralement considéré comme exclusivement destructeur, la granulation, la fongosité, le pus caséeux évoluant sur des lésions ultérieures sans aucun produit réactionnel. Aussi est-on peu porté à considérer comme tuberculeuses des lésions plastiques avec brides fibreuses, épaississements capsulaires, hyperostoses, ou même corpsétrangers et synostoses. Cependant

la connaissance des synovites ou des arthrites bacillaires à longue durée, à grains riziformes, vient à l'encontre de cette conception exclusive du processus tuberculeux toujours destructeur ; de même le mécanisme de la guérison des tuberculoses articulaires est assez souvent la soudure par ankylose osseuse, soit spontanément, soit après l’application d’agents modificateurs tels que cautérisation chimique ou ignée, chlorure de zinc, pointes de feu, etc.

Cette conception n’est pas purement spéculative des exemples précis la confirment et nous permettent d'attribuer à une réaction inflammatoire de voisinage portant soit sur le cartilage conjugal, soit sur le périoste certaines exostoses que l'on voitapparaitre sur de l'os sain, au voisinage d’une lésion tuberculeuse ostéo-articulaire ou purement osseuse.

10 Æxostoses chez les tuberculeux médicaux.

Ces considérations, basées purement sur la clinique et auxquelles manquent encore, nous le reconnaissons, le contrôle vigoureux de l’expérimentation, permettent de comprendre et d'expliquer Îa formation de certaines exostoses survenant chez des tuberculeux médicaux ou chirurgicaux, et nous les considérons comme des produits de réaction locale des éléments ostéogènes de l'os sous l'influence d’un poison tuberculeux atténué. L'observation suivante, que nous avons recueillie dans le service de M. le professeur Poncet et qui a servi de point de départ à nos recherches, est particulièrement intéressante à

ce point de vue.

Page 1