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COINCIDANT AVEC UNE OSIÉO-ARTHRITE TUBERCULEUSE DU GENOU

Femme de 27 ans, ne présentant aucun antécédent bacillaire ni héréditaire, ni personnel, entre en mäài 1894 pour une ostéo-arthrite tuberculeuse du genou.

La résection fut pratiquée par M. Lejars. On trouva une masse de fongosités grisâtres qui avaient envahi toute l'articulation. Les lésions remontant très haut le fémur.fut séctionné à 5 centimètres 1/2 de son extrémité inférieure.

L'examen de la portion du fémur réséquée montre que le cartilage articulaire a disparu complètement sur la partie interne de la trochlée, l’externe seule en est recouverte; cette perte de cartilage s'étend jusqu'à la rainure condylienne interne. Le condyle externe est peu lésé. Sur la partie moyenne de la face articulaire du condyle interne existe une perte de substance.

Enfin, on trouve immédiatement au-dessus du condyle interne et séparée de lui par une petite rainure rugueuse une production osseuse qui à l’état frais était sur toute sa surface recouverte par du cartilage. À son sommet même il y avait une petite bourse séreuse qui la recouvrait en partie. Cette production osseuse est de la grosseur d’une petite cerise et mesure presque un centimètre et demi de longueur; elle s’avance directement d'avant en arrière en faisant saillie

au-dessus du condyle.

Pasteau ajoute à l'observation Îles réflexions suivantes : € Nous croyons qu'il s’agit ici d’une exostose. En effet, nous avons dit que la saillie osseuse était partout recouverte à l'état frais par du cartilage ; il existait même une bourse séreuse et nous avons ici. un exemple de l’exostosis bursata de Rindfleisch. S'il s'agissait, en effet, d’une insertion musculaire, nous trouverions une surface rugueuse striée verticalement de fossettes creusées par quelque insertion. D'autre part, il existe une légère saillie osseuse située au-dessus de l’exostose, saillie qui correspond bien au tubercule sus-condylien: interne, l'exostose occupant, au contraire, la région de Ia fossette sus-condylienne interne.

C’est donc une exostose. Aux dépens de quoi s’est elle formée? Elle était recouverte decartilage,est-ce à dire qu'elle dérivait du cartilage articulaire ? C’est peu probable, le cartilage articulaire étant impropre à l’ossification au point de vue physiologique. Or, ilest à remarquer que cette exostose se trouve juste au niveau du cartilage juxta épiphysaire et nous croyons que c'est simplement une exostose comme le voulait Broca. »

Passant en revueles différentes causes susceptibles de donner lieu à une production semblable, Pasteau reconnaît que seul la tuberculose peut être incriminée. Les causes locales ne paraissent pas avoir joué un rôle ; sans doute, Virchow a remarqué que les exostoses naissent plus volontiers au niveau des fortes insertions musculaires, il y aurait des tiraillements plus fréquents, une irritation indirecte,

AO d'ou prolifération plus grand. Le traumatisme, mis en avant par Régnier, doit être également éliminé par le fait du siège profond de l’exostose dans le creux poplité. « Nous nous demandons si la « tuberculose, qui déjà pouvait agir pour la produc- « tion de l’exostose comme cause générale, n'a pas « agi également comme cause d'irritation locale ; « c'est en effet, àla partie interne de l'articulation « qu'il y avait le plus de lésions, et, c’est aussi en « arrière et en dedans que nous avons trouvé sur le « tibia les parties osseuses les plus atteintes, c'est-à- « dire, juste au dessous de la production osseuse « pathologique. »

Ces réflexions, qui concordent en tous points avec notre manière de voir, sont applicables encore au fait suivant communiqué par Guyon, à la Société d'Anatomie, 1854. Cette observation est rapportée également par Poumeau, qui la considère comme un exemple d’exostoses ostéogénique due à la tuberculose. L'âge du malade, 38 ans, lorsque la production osseuse est apparue ne permet pas d'admettre une exostose de croissance

OBSERVATION IX (Résumée).

{Guxow.— Soc.Anat. 1854. —Rapportée dans la thèse de Poumeau 1895.)

ExosTOsE DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEUBE DU FÉMUR DROIT.

Il s'agit d’un homme de 30 ans, ayant eu comme unique manifestation tuberculeuse antérieure une adénite cervicale non suppurée. À l’âge de 38 ans, il fut atteint d'un gonfie-

ment assez considérable du genou droit qui persista pendant quatre mois. Durant cette période de temps son état général devient mauvais (amaigrissement, faiblesse, etc). Au bout de quatre mois il entra à l'Hôpital. L'examen du genou droit présentait des lésions de tumeur blanche ou plutôt d'arthrite sèche, mais sur le condyle interne du fémur on constate la présence d’une tumeur oblique de haut en bas, descendant vers la partie supérieure de la face interne du tibia en empiétant sur cet os de quelques centimètres. La consistance de cette tumeur est osseuse, pas de crépitation, elle n’est pas pulsative. Le traitement antisyphilitique ne donne aucun résultat.

A l’autopsie. — On constate dans le poumon gauche des tubercules au sommet.

Le poumon droit est infiltré de tubercules dans ses deux lobes supérieurset creusé à son sommet d'une volumineuse caverne. La dissection du genou malade montre: un épaississement considérable de lasynoviale qui présente des adhérences nombreuses et des corps étrangers blancs qui paraissent être des graines riziformes; sur sa partie externe surtout elle est remplie de fongosités vasculaires.

Les extrémités osseuses sont épaissies. Sur sa face interne, le condyle interne est tapissé d'éminences osseuses semblables à des vrrrues.

Quant à l’exostose principale prenant naissance au-desssus du condyle interne, elle est formée de tissu spongieux normal se continuant directement avec périoste épaissi.

4° Périostite. tuberculeuse

Peu connue des anciens, la périostite tuberculeuse externe chronique fut surtout étudiée par Bonnet, Leplat et Legrand, qui ne lui avaient pas accordé sa réelle signification, et, à partir de 1871, par Gayot et ses élèves, Bousquet, Midon et surtout

Charvot en 1879: citons encore les travaux de Duplay, de Kiener et Poulet, etc.

Au début, la périostite tuberculeuse est caractérisée par une tuméfaction nodulaire de la grosseur d’un pois ou même davantage, faisant corps avec le périoste et sans limites bien arrêtées. Le tissu cellulaire avoisinant est encore libre de toute trace d’inflammation. Si l’on fend le noyau périostique, on constate l'augmentation de la vascularisation du tissu osseux sous-jacent auquel le périoste adhère faiblement. Sur la tranche du périoste, on voit facilement des points rougeâtres, caséeux, fongueux, plus nombreux à [a partie profonde que vers Îles couches superficielles.

A une période plus avancée, des fongosités, un abcès, peuvent se développer à la face profonde entre l'os et le périoste, plus tard aussi à la surface de ce dernier. Contrairement à Gayot et à Duplay, Kiener et Poulet ont démontré que la lésion débutait dans les couches profondes du périoste, c'est-à-dire dans la couche fertile, ostéogêne, susceptible de mieux réagir contre l'infection, d’étouffer les microorganismes dans une édification osseuse nouvelle.

Il est possible que certaines néoformations osseuses se produisent de cette manière; remarquons, cependant, que l'existence d’une périostite tuberculeuse primitive est fortement mise en doute à l'heure actuelle; d'autre part, les cas que nous avons eu loccasion d'observer, nous paraissent produits d’une façon différente.

Conclusions.—11 se produit parfois chez lestuberculeux des exostoses spontanées et primitives qui ne sont précédées d'aucune lésion antérieure de l’os sur lequel elles siègent.

Ces exostoses paraissent liées à l’un des deux processus suivants: dans certains cas elles doivent être considérées comme des produits réactionnels de l'os à une tuberculose atténuée; dans d’autres elles sont

la conséquence d'un foyer tuberculeux voisin jouant le rôle d’épineirritative par simple action de voisinage.

Dans les deux cas il s’agit d'os normal ne présentant aucun caractère spécifique.

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