OBSERVATION VII
. Mlle X..., âgée de 20 ans, sans profession.
Aucun antécédent bacillaire dans la famille.
A l’âge de 10 ans, elle fut atteinte d'arthrites tuberculeuses aux deux genoux: ces lésions furent traitées par le repos et limmobilisation, les badigeonnages de teinture d’iode; il ne se produisit jamais d’abcès ni de fongosités. On fit au début de la maladie des injections de chlorure de zinc au genou gauche seulement.
Pendant le cours de l'affection, longtemps après les injections de chlorure de zinc on constata sur le genou gauche la présence de deux exostoses. Celles-ci, poiatues, du volume d'un pois à peu près étaient situées l’une sur la face interne de l'articulation immédiatement au niveau du bord interne du plateau tibial, l’autre étaitau contraire sur le côté externe du genou, sur l’extrémité tout à fait supérieure de la tête du
péroné.
Ces deux exostoses étant l'une et l’autre à une distance assez considérable des cartilages de conjugaison les plus voisins ne pouvaient absolument pas leur être rattachées. Pendant un certain temps elles furent douloureuses au toucher puis devinrent peu à peu absolument indolores.
Actuellement les deux tumeurs blanches tibio-tarsiennes sont à peu près guéries ; les genoux sont sensiblement tuméfiés mais à peu près indolores; la malade peut marcher sans difficultés et sans la moindre claudication. Au genou gauche, les exostoses ont persisté complètement indolores et sans aucune modification.
Aucun raccourcissement du membre, dont la longueur est exactement semblable à celle du membre correspondant La malade ne présente aucune lésion pulmonaire ni aucune autre manifestation bacillaire, mais elle est toujours en proie à des crises rhumatismales qui ont du reste débuté en même temps que ses lésions articulaires et qui semblent devoir être rattachées à la même cause.
Depuis quelques semuines elle a constaté la présence d’une nouvelle exostose située sur le semi-lunaire du côté droit; cette exostose, sessile, du volume d’un pois est assez douloureuse au toucher; depuis le jour où la malade en a constaté la présence elle ne paraît pas avoir augmentée.
Là encore, nous éliminons l’idée d'exostoses ostéogéniques, car leur siège est suflisamment éloigné des cartilages de conjugaison voisins pour qu’on ne puisse les incriminer.
Elles sont à peu près indolores actuellement, mais au début il n’en était pas ainsi. Aussi pensons-nous
qu'il s’agit là d’exostoses inflammatoires dues à une irritation par la tuberculose atténuée.
Cette hypothèse est, du reste, celle à laquelle s'arrête Pasteau dans le commentaire dont il accom-
MSC be pagne l'observation suivante, très analogue à la nôtre, et présentée par lui à la société anatomique de Paris, 1805.
OBSERVATION VIII (Résumée).
PAsTEAU. — Soc.-Anat., 1806.