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On admet aujourd’hui que dans l’ostéomyélite il y a deux phases.

La première, d’inflammation aiguë, vive, qui amène la prolifération des éléments médullaires, leur retour à l’état embryonnaire, en même temps le tissu osseux est raréfié ; c'est la période d'ostéite raréfiante.

Dans la deuxième phase, lorsque l’inflammation est moins vive, la formation de substance osseuse nouvelle.

La caractéristique des lésions ostéomyélitiques, c'est-à-dire l’envahissement de tous les éléments de l'os semble a priori absolument contraire à des productions osseuses primitives par simple irritation microbienne.

Il existe cependant des exostoses vraies, très distinctes des hypérostoses et des produits réaction nels secondaires. Nous les étudierons, tout d’abord, dans les diverses formes de l’ostéomyélite des adolescents.

Article l°". — Exostoses des ostéomyélites aiguës juxta-épiphysaires.

a) Fièvre de croissance. — Les exostoses se rencontrent tout d'abord dans les formes d’inflammation très atténuées, qui vraisemblablement fréquentes, doivent passer parfois inapercçues. A cés dernières, doivent être rattachées, sans doute, les faits

hare étudiés, en 1879, par Bouilly, connues sous le nom de fièvre de croissance. |

Degré le plus atténué de l’ostéomyélite, la fièvre de croissance se traduit ordinairement par des douleurs vagues, diffuses et passagères pouvant s’accompagner d’un léger gonflement à leur niveau.

Elles envahissent un ou plusieurs points du squelette, mais en tous cas elles se localisent toujours sur les parties de l’os qui sont le siège du maximum d'activité nutritive. « Elles sont d’ailleurs liées à toutes les causes qui, à un degré de plus, peuvent amener l’inflammation osseuse véritable. Agissant à un faible degré, ces causes amènent un peu d’hyperhémie ou quelques lésions facilement réparables ; poussées plus loin et portant sur un sujet disposé aux processus morbides par des antécédents héréditaires ou une altération de la santé générale, elles sont le commencement d’ostéites aiguës ou chroniques. » |

Après la disparition des douleurs de croissance, un lécer traumatisme portant sur les points antérieurement frappés peut suffire pour déterminer une inflammation locale et superficielle, n’aboutissant ni à la suppuration, ni à la nécrose, mais suffisante cepzndant pour exciter les propriétés ostéogéniques du périoste.

b) Périostite circonscrite de l'enfance. A côté des faits que nous venons de citer, il convient de ranger ceux qu'on groupe parfois sous le,nom de périostite circonscrite de l’enfance et de l’adoles-

cence, qui n'est en réalité qu'une forme discrète et atténuée de l’ostéomyélite véritable, dans laquelle l'inflammation reste limitée en un point, car ainsi que le fait remarquer Ranvier, « la périostite n’est qu'une ostéite superficielle et l’histologie montre bien que l’ostéite est essentiellement caractérisée par les phénomènes qui se passent dans la moelle des os, de telle sorte que toute ostéite est en réalité une ostéomyélite ». Le tableau clinique de la périostite circonscrite est variable selon que les lésions locales s’accompagnent ou non de phénomènes généraux. Ordinairement, la maladie se traduit par une douleur vive pulsative, en un point du membre. La suppuration peut en être la terminaison, mais il n'est pas rare de voir la lésion aboutir à la production d’une exostose qui reste le seul témoin de l’inffammation antérieure.

c) Influence du traumatisme. — Les formes atténuées de l’ostéomyélite, quand bien même tout phénomène inflammatoire a disparu, laissent les parties du squelette sur lesquelles elles se sont localisées dans un état de suractivité fonctionnelle qui persiste pendant un certain temps, puis s’atténue et disparaît sans laisser trace. Il peut suflire d’un traumatisme même léger pour donner l'éveil et produire une exostose.

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