‹ des feesChapitre 12 sur 18 · PEAU DANS · texte numérisé non relu

PEAU DANS

qui, ne voyant plus aucun moyen d'éluder son malheur, ^'allait désespérer^ lorsque sa marraine accourut.

Que faites-vous , ma fille , dit-elle , voyant la princesse déchirant ses che^ veux et meurtrissant ses belles joues; voici le moment le plus heiureus; de votre vie. Enveloppezi-vous de cette peau, sortez de ce palais, et allez tant que terre pourra vous porter :

lorsqu'on sacrifie tout à la vertu ^ les dieux savent en récompenser. Allez i j'aurai soin que votre toilette vofus suive partout ; en quelque lieu que vous vous arrêtiez, votre cassette , où seront vos habits et vos bijoux, suivra vos pas sous terre ; et voici ma ba-* guette que je vous donne. En frappant la terre , quand vous aurez besoin de cette cassette, elle paraîtra à vos yeux ; mais hâte2;-vouai de pvtjrj et

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ne tardez pas. L'infante embrassa mille fois sa marraine , la pria de ne pas l'abandonner, s'affubla de cette vilaine peau^ après s'être barbouillée de suie de cheminée, çt sortit de ce riche palais sans être reconnue de personne.

L'absence de l'infante causa une grande rumeur. Le roi , qui avait fait préparer une fête magnifique, en fut désespéré et était inconsolable. Il fit partir pins de cent gendarmes et plus de mille mousquetaires pour aller à la quête de sa fille ; mais la fée, qui la protégeait, la rendait invisible aux plus habiles recherdiesr : ainsi il £dlut bien s'en consoler.

Pendant ce temps Tinfante cheminait. Elle alla bien loin , bien loin ^ encore plus loin , et cherchait par^ tout une place 2 mais quoique par cha-

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rite on lai donnât à manger, on Ia trouvait si crasseuse que personne n'en voulait Cependant elle entra dan»

une belle ville , à la porte de laquelle était une métairie , dont la fermière avait besoin d^une souillon pour laver les torchons , nettoyer les dindons et Tauge des codions. Cette femme , voyant cette voyageuse si malpropre y lui proposa d'entrer cbez elle; ce que rinfente accepta de grand cœur , car elle était lasse d'avoir tant marché.

On la mit dans un coin reculé de la cuisine^où elle fut, les premiers jours^ en butte aux plaisanteries grossière»

de la valetaille ^ tant sa peau d'âne la rendait sale et d^o&tante. Enfin on s'y accoutuma ; d'ailleurs elle était si soigneuse de remplir ses devoirs j que la fermière la prit sous sa protection.

Elle conduisait les moutons , les fai«

PEAU D^ARK. S^CfS

snît parquer au temps où il le fallait f elle menait les dindons paître avec une telle intelligence ^ qu'il semblait qu'elle n'eÀt jamais &it autre chose t aussi tout fructifiait sous ses belles^ mains. /

Un jour qu'assise près d'une claire fentaine, où elledéplorait souvent sa triste condition^ elle s'avisa de s'jr mirer , l'effroyable peau d'àne , qui fiiisait sa coiffure et son habillement ^ l'épouvanta. Honteuse de cet ajustement, elle se décrassa le visage et les mains, qui deivinrent plus blanches que l'ivoire, et son beau teint reprit sa fraîcheur naturelle. La joie de se trouver si beUe lui donna envie de s'y baigner, ce qu'elle exécuta; mais il lui fallut remettre son indigne peau pour retourner à la métairie. Heureusement le Içod^main étiùt unjpur dm

29^ PS AU d'aKB.

fête ; ainsi elle eut le loisir de tirer sa cassette 9 d'arranger sa toilette, de poudrer 8e$ beaux cheveux, et de mettre sa belle robe couleur du temps. Sa chanoibre était si petite, que la queue de cette belle robe ne pouvait pas s'étendre. La belle princesse se mira et s'admira elle-même avec raison , si bien qu'elle résolut., pour se désennuyer , de mettre tour à tour ses belles robes les fêtes et les dimanches ; ce qu'elle exécuta ponctuellement. Elle mêlait des fleurs et des diamans dans ses beaux cheveux avec un art admirable ; et souvent elle soupirait de n'avoir pour témoins de sa beauté que ses moutons et ses dindons , qui l'aimaient autant avec son horrible peaud'àne, dont on lui avait donné le nom dans cette ferme.

Un Jour de fcte que Peau d*Anft

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avait mis la robe couleur du soleil , le fils du roi y à qui cette ferme appartenait , vint y descendre pour se reposer en revenant de la chasse. Ce prince, jeune, beau et admirablement bien fait , était l'amour de son père et de la reine sa mère, et adoré des peuples. On offrit à ce jeune prince une collation champêtre , qu'il accepta ; puis il se mit à parcourir les bassescours et tous leurs recoins. En courant ainsi de lieu en lieu, il entra dans une sombre allée, au bout de laquelle il vit une porte fermée. La curiosité lui fit miettre l'œil à la serrure. Mais que devint-il , en apercevant la princesse si belle et si richement vêtue , qu'à son air noble et modeste il la prit pour une divinité 7 L'impétuosité du gentiment qu'il éprouva dans ce mo* mept l'aurait pprté à enfoncer la

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porte , sans le respect que lui inspira cette rayissante per8onii&

Il sortit avec peine de cette allée sombre et obscure, mais œ fut pour s'informer quL était là personne qui demeurait dans cette petite chambre.

Onluiréponditque c'était une souillon qu'on nommait Peau d'Ane y à cause de la peau dont elle s'habillait ; et qu'elle était si sale et si crasseuse , que personne ne la regardait ni ne lui parlait ; et qu'on ne l'avait prise que par pitié pour garder les moutons et les dindons.

Le prince, peusatisfait de cetéclair« cissementy yit bien que ces gens gros-»

siers n'en sayaient pas davantage , et qu'il était inutile de les questionner.

U revint au palais du roi son père »

plus amoureux qu'on, ne peut dire, ayant continuellemeat deyantlesyeux

PEAU d'ans. igg

la belle ixaage de cette divinité qa'sil avait vue par le trou de la sen^ure.

Il se repentit de n'avoir pas heurté à la porte, et &e promit bien de n'y pas manquer ufke autrefois. Mais l'agitation de son sang y causée par l'ar'^ deur de son amour , lui donna, dané la même nuit, line fièvre si terrible, que bientôt il fui réduit à l'extrémité.

La reine sa mère , qui n'avait que lui d'enfant, se désespérait de ce que tous les remèdes étaient inutiles. Elle pro-»

mettait en vain les plus grandes récompenses aux médecins : ils y employaient tout leur art; mais rien ne guérissait le prince. Enfin ils devinèrent qu'un mortel ebagrin causait tout ce ravage; ils en avertirent la reine , qui , toute pleine de tendresse pour son fils, vint le conjurer de dire la cause de son mal ; et que quand il

Soa PEAU d'ans.

s'agirait de lui céder la couronne , le ' roi son père descendrait de son trône sans regret pour Fy faire monter } cpie s'il desirait quelque princesse, quand môme on serait en guerre avec le roi son père , et qu'on eût de justes sujets de s'en plaindre^ on sacrifierait tout pour obtenir ce qu'il désirait^ mais qu'elle le conjurait de ne pas se laisser mourir ^ puisque de sa vie dépendait la leur. La reine n'acheva pas ce touchant discours sans mouiller le visage du prince d'un torrent de larmes. Madame, lui dit enfin ^ le prince avec une voix fort faible , je ue suis pas assez dénaturé pour désirer la couronne de mon père ; plaise au ciel qu^il vive de longues années y et qu'il veuille bien que je sois longtemps le plus fidèle et le plus respectueux de ses sujets ! Quant aux priu-

fZAV d'ane. 3ot

cesses que vous m'ofirez ^ je n'ai point encore pensé à me marier ; et yous pensez bien que, soumis comme je le suis à vos volontés y je yous obéirai toujours, quoi qu'il m'en coûte. — ^ Ah ! mon fils , reprit la reine , rien ne nous coûtera pour te sauyer la yie j mais , mon cher fils , sauye la mienne et celle du roi ton père, en me déclarant ce que tu desires , et sois bien assuré qu'il te sera accordé. — Eh bien ! Madame, dit-il , puisqu'il faut vous déclarer ma pensée, je yais vous obéir ^ je me ferais un crime de mettre en danger deux têtes qui me sont si chères. Oui , ma mère , je désire que Peau d'Ane me fasse un gâteau, et que, dès qu'il sera fait, on me l'apporte. La reine, étonnée de ce nom bizarre , demanda qui était cette Peau d'Ane? C'est, Madame , reprit un de II. 27

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•es officiers , qui par hasard aràit ru cette fille , c'est , dit-il , la plus rilaine bète après le loup ; une noire peau ^ une crasseuse qui loge dans votre me* tairie et qui garde vos dindons. -— N'importe y dit la<reine : mon fils , au retour de la chasse, a peut-être mangé de sa pâtisserie ; c'est une fantaisie dé malade ; en un mot , je veux que Peau d^ Ane , puisque Peau d'Ane il y a , lui fasse promptement un gâteau.

On courut à la métairie , et l'on fil venir Peau d'Ane pour lui ordonner de faire de son mieux un gâteau pour le prince.

Quelques auteurs ont assuré de Peau d'Ane , qu'au moment que ce prince avait mis l'œil à la serrure , les siens ' l'avaient aperçu ; et puis , que regardant par sa petite fenêtre , elle avait V« ce prince si jeune ^ sî beau et si

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bien fait, que l'idée lui en était restée^ et que souvent ce souvenir lui avait coûté quelques soupirs. Quoi qu'il en aoit, Peau d'Ane Tayant vu, ou en ayant beaucoup entendu parler avec éloge , ravie de pouvoir trouver un moyen d'être connue, s'enferma dans aa chambrette^ jeta sa vilaine peau, se décrassa le visage et les mains , se coiffa de ses blonds cheveux , mit un beau corset d'argent brillant, ua jupon pareil, et se mit k faire le gâteau tant désiré : elle prit de la plus pur»

farine , des ceufs et du beurre bien frais. En travaillant , soit de dessein ou autrement, une bague qu'elle avait au doigt tomba dans la pftte, s'y mêla ; et dès que le gftteau fîit cuit, s'afiublant de son horrible peau , ell^ donna le gâteau à l'oi&cier, à qui elle demanda des nouvelles du prince;^

So4 PBAu d'ank.

mais cet homme , ne daignant pas< lui répondra , courut chez le prince lui porter ce gâteau.

Le prince le prit avidement des mains de cet homme, et le mangea avec une telle vivacité, que les médecins, qui étaient présens, ne manquèrent pas de dire que cette fureur n'était pas un bon signe : effective-»

ment le prince pensa s'étrangler par la bague qu'il trouva dans un des morceaux du gâteau ; mais il la tiia adroitement de sa bouche : et son ardeur à dévorer ce gâteau se ralentit, en examinant cette fine émeraude montée sur un jonc d'or , dont le cercle extrêmementétroitluiparutnepouvoir servir qu'au plus joli petit doigt du monde.

n baisa mille fois cette bague, la mit sous son chevet , et l'en tirait à

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tout moment , quand il croyait n'être vu de personne. Le tourment qu'il se donna pour imaginer comment il pouif ait voir celle à qui cette bague pouvait aller; car il n'osait croire, s'il demandait Peau d'Âne qui avait fait ce gâteau qu'il avait demandé , qu'on lui accordât de la faire venir; il n'osait non plus dire ce qu'il avait vu par le trou de la serrure, de crainte qu'on se moquât de lui, et qu'on le prit pour un visionnaire ; toutes ces idées le tourmentant à la fois , la fièvre le reprit fortement ; et les médecins ,'ne sachant plus que faire , déclarèrent à la reine que le prince était malade d'amour. La reine accourut chez son fils avec le roi , qui se désolait : Mon fils , mon cher fils , s'écria le monarque affligé, nonmie-nous celle que tu veux j nous jujrons que nous te ht

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donnerons , fïkt-elle la plus vile des esclaves. La reine , en Tembrassant^ lui confirma le serment du roL Le prince y attendri par les larmes et les caresses des auteurs de ses jours :

Mon père et ma mère y leur dit-il , je u^ai point dessein de fedre une alliance qui vous déplaise ; et pour preuve de cette vérité, dit-il, en tirant l'émeraude de dessous son chevet , c'est que j'épouserai la personne à qui cette bague ira , quelle qu'elle soit ; et il n'y a pas apparence que celle qui aura ce joli doigt soit une rustaude ou. une paysanne. Le roi et la reine prirent la bague, l'examinèrent curieusement, et jugèrent, ainsi que le prince , que cette bague ne pouvait aller qu'à quelque fille de bonne maison. Alors le roi ayant embrassé son fils, en I»

conjurant de guérir , sortit ^ fit sonner

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les tambours , les fifres et les trompettes par toute la ville, et crier par ses hérauts^ que Ton n'avait qu'à venir au palais essayer une bague , et que celle à qui elle irait juste épou-^ serait l'héritier du trône.

Les princesses d'abord arrivèrent^ puis les duchesses, les marquises et les baronnes ; mais elles eurent beau toutes s'amenuiser les doigts, aucune ne put mettre la bague. U en fallut venir aux grisettes , qui, toutes jolies qu'elles étaient, avaient toutes les doigts trop gros. Le prince qui se portait mieux , faisait lui-même l'essai.

Enfin on en vint aux filles de chambre ] elles ne réussirent pas mieux. Il n'y avait plus personne qui n'eût essayé cette bague sans succès, lorsque le prince demanda les cuisinières, les marmitonnes ^ les gardeuses de mou-

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tans.: on amena tout cela ; mais leurs gros doigts rouges et courts ne purent seulement aller par-delàl'ongle. Â-t-on fait venir cette Peau d*Ane qui m'a fait un gâteau ces jours derniers «dit le prince? Chacun se prit à rire, et lui dit que non , tant elle était sale et crasseuse. Qu'on l'aille chercher tout à l'heure , dit le roi ; il ne sera pas dit que j'aie excepté quelqu'un. On courut y en riant et se moquant ^ chercher la dindonniére.

L'infEinte , qui avait entendu les tambours et le cri des hérauts d'armes , s'était bien doutée que sa bague faisait ce tintamarre : elle aimait le prince ; et comme le véritable amour est craintif et n'a point de vanité y elle était dans la crainte continuelle que quelque dame n'eût le doigt aussi menu que le sien« Elle eut donc une

BEAU d'aNE. So^

grande joie quand on vint la chercher; et qu'on heurta à sa porte. Depuis qu'elle avait su qu'on cherchait un doigt propre à mettre sa bague ^ je ne sais quel espoir l'avait portée à se coiffer plus soigneusement et à mettre son beau corps d'argent, avec le jupon plein de falbalas , de dentelles d'argent, semé d'émeraudes. Sitôt qu'elle entendit qu'on heurtait à la porte, et qu'on l'appelait pour aller chez le prince, elle remit promptement sa peau d'âne , ouvrit sa porte ; et ces gens, en se moquant d'elle, lui dirent que le roi la demandait pour lui faire épouser son âls ^ puis, avec de longs éclats de rire , ils la menèrent chez le prince , qui , lui-même étonné de l'accoutrement de cette fille, n'osa croire que ce fût celle qu'il avait vuo si pompeuse et si belle. Xçi^te^cou'-

3iô rsAV d'ake.

fondu de s'être si lourdement trompé^:

est -ce vous, Iui*dît-il^ qui logez au fond de cette allée obscure , dans la troisième basse^cour de la métairie ?

Oui , seigneur , répondit - elle. Mon* trez*moi votre main , dit-il en tremblant et poussant un profond soupir.

Dame ! qui fut bien surpris 7 Ce furent le roi et la reine ^ ainsi que tous les chambellans et les grands de la cour , lorsque de dessous cette peau noire et crasseuse sortit une petite maiu délicate, blanche et couleur de rose, où la bague s'ajusta sans peine au plus joli petit doigt du monde ; et par un petit mouvement que l'infante se donna , la peau tomba , et elle parut d^une beauté si ravissante, que le prince , tout flEÛble qu'il était, se mit à ses genoux , et les serra avec une ardeur qui la fit rougir ; mais on n#

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s^en aperçut presque pas, parce que te roi et la reine Tinrent l'onbrasser de toute leur force^ et lui demander si elle ne voulait pas bien épouser leur fik. La princesse ^ confuse de tant de caresses et de l'amour que lui marquait ce beau jeune prince , allait cependant les en remercier, lorsque le plafond s'ouvrit, et que la fée des lilas, descendant dans un char &it de branches et de fleurs de son nom ^ conta avec une grâce infinie l'histoire de l'in&nte. Le roi et la reine, cliarmés de voir que Peau d'Âne était une grande princesse , redoublèrent leurs caresses ; mais le prince fut encore plus sensible à la vertu de la princesse ; et son amour s'accrutpar cette connaissance.

L'impatience du prince pour épouser la princesse fut telle ^ qu'à peine donna-t-il le temps de faire les préparatifs

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convenables pour cet auguste hymenée. Le roi et la reine, qui étaient affoles de leur belle-fille , lui faisaient mille caresses^, et la tenaient incessamment dans leurs bras ; elle avait déclaré qu'elle ne pouvait épouser le prince sans le consentement du roi son père : aussi fut-il, le premier à qui on envoya une invitation ^ sans lui dire quelle était Tépousée ; la fée des Lilas, qui présidait à tout, comme de raison, l'avait exigé , à cause des conséquen- . ces. Il vint des rois de tous les pays ; les uns en chaise à porteur, d'autres en cabriolet , de plus éloignés montés sur des éléphans , sur des tigres , sur des aigles ; mais le plus magnifique et le plus puissant fut le père de Tinfante, qui heureusement avait oublié son amour déréglé, et avait épousé une reine veuve fort belle , dont il n'avait

pointeu d'enfent L'infante courut audevant de lui: il la reconnut aussitôt , et l'embrassa avec une grande tendresse, avant qu'elle eût le temps de se jeter à ses genoux» Le roi et la reine lui présentèrent leur fils, qu'il combla d'amitiés.Les noces se firent avec toute la pompe imaginable.Les jeunes époux, peu sensibles à ces magnificences , ne rirent et ne regardèrent qu'eux. Le roi, père du prince, fit couronner son fils ce même jour , et lui baisant la main , le plaça sur son trône , malgré la résistance de ce fils si bien né : il lui fallut obéir. Les fêtes de cet illustre mariage durèrent près de trois mois ; mais l'amour des deux époux durerait encore, tant ils s'aimaient , s'il§ n'étalent pas morts cent ans après. ,

Si4 PEAU d'anb.

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