RÉSUMÉ GÉNÉRAL ET CONCLUSIONS
1° Les fibromes de l’utérus inclus dans le ligament large constituent une variété bien spéciale de corps fibreux. Us méritent d'être étudiés isolément, car ils ont des caractères cliniques particuliers et nécessitent une conduite un peu spéciale de la part du chirurgien qui veut les enlever. Peu de travaux d’ensemble ont été faits sur ce sujet. Les fibromes inclus sont caractérisés par leur insertion sur les côtés de 1 utérus (corps et sur,
tout col).
2° Pour bien comprendre l’évolution des fibromes intra-ligamentaires, il est nécessaire d’avoir présents à 1 esprit la forme, la direction, le siège exact des ligaments larges, leurs rapports avec tous les organes pelviens (vessie, uretère, intestin, rectum, vaisseaux et nerfs). Les deux feuillets péritonéaux qui les constituent sont séparés par une lame celluleuse, aponévrose ombilico-pelvienne de Petit, qui rend chaque ligament large essentiellement dédoublable.
3° De volume très variable, tantôt uniques, tantôt multiples, de consistance dure ou molle, les fibromes inclus ont un développement transversal. Ils subissent comme les autres des transformations aseptiques, septiques et malignes. Dédoublant toujours lès deux feuillets du ligament large, ils dédoublent également les mésos dans quelques cas et peuvent même décoller sur une certaine étendue le péritoine pariétal. La vessie, le rectum, l’uretère, les vaisseaux et les nerfs du bassin sont souvent déformés, aplatis, modifiés dans leurs rapports anatomiques.
4° La cause du développement des corps fibreux intra-liga-
mentaires est encore inconnue. Leur fréquence par rapport aux autres fibromes utérins est d’environ 10 p. 100.
5° Les symptômes qui révèlent leur existence sont surtout les troubles de compression. Les troubles fonctionnels qui constituent le syndrome utérin sont ici peu marqués en général. Les signes physiques sont autrement importants : tumeur de consistance fibreuse, à développement transversal, peu mobile, en connexion avec l’utérus et faisant saillie dans un des culs de-sac latéraux, tel est le fibrome inclus. Le cathétérisme utérin ne donne pas de renseignements bien précis.
6° Le diagnostic n’est pas toujours facile. Il se fera surtout par la palpation abdominale combinée an toucher. Il faudra éliminer :
lorsque le fibrome est pelvien, l’hématocèle, la pelvipéritonite ou encore l’annexite;
lorsqu’il est abdomino-pel vieil, les tumeurs de l’os iliaque, de l’ovaire, du ligament large et la grossesse-.
7° Le pronostic est assez sérieux. Une fois établis, les troubles de compression ne rétrocèdent pas. Plus que tous les autres fibromes utérins, les corps fibreux inclus gênent la grossesse et l’accouchement.
8° Le traitement médical et les opérations palliatives sont sans influence. Si la tumeur provoque des troubles de compression, il faut opérer. La voie abdominale doit être suivie. La myomectomie sera employée si la tumeur est unique et reliée par un pédicule grêle. L’hystérectomie sera pratiquée dans le cas contraire (tumeur sessile ou tumeurs multiples). Elle sera supravaginale si le fibrome, de volume moyen, est inséré à la partie supérieure du bord latéral; elle sera totale si ce corps fibreux est inséré sur le col ou volumineux. Dans la myomectomie, comme dans fhystérectomie, après l’ouverture de l’abdomen, il faut immédiatement procéder à la décortication de la tumeur incluse. Si cette décortication a été laborieuse, s’il y a eu ruptures de nombreuses adhérences, il faut non seulement ne pas suturer le vagin, mais mettre un drain à la partie inférieure de la plaie abdominale.
9° Dans les fibromes utérins intra- ligamentaires compliqués de grossesse, il faut savoir attendre. Lorsqu’une intervention est nécessaire, recourir à la myomectomie dans les premiers
mat u ré.