DES FIBR031ES INTRA-LIGAMENTAIRES ET DE LA GROSSESSE
:Notfs ne saurions terminer cette étude des fibromes intraligamentaires sans dire un mot de leurs rapports avec la grossesse. Ce n’est pas que nous voulions essayer de résoudre cet éternel problème des fibromes compliquant la grossesse, déjà magistralement traité par le professeur Lefour dans sa thèse d agrégation, soulevé depuis bien des fois, notamment parDoleris (1), Delagenière, de Fontgnyon (2) et Turner (3).
Les fibromes inclus, généralement développés aux dépens du segment inférieur de l’utérus, constituent un obstacle d’autant plus infranchissable qu’ils sont plus enclavés dans Je bassin, qu’ils occupent une plus grande partie de la cavité pelvienne. Dans bien des cas, ils n’empêchent pas la grossesse d’évoluer et
l'accouchement s’effectue dans de bonnes conditions, grâce au ramollissement de la tumeur fibreuse. Mais aussi parfois ils provoquent la mort du foetus avant terme; ce fœtus est expulsé souvent, mais il peut être retenu dans la cavité pelvienne. Dans d’autres circonstances, l’enfant arrivé à terme ne peut être attiré au dehors car le canal pelvien est obstrué.
Les indications opératoires viennent tout d’abord des troubles, de compression sur les nerfs, les uretères et la vessie. De même lorsque le praticien, par l’examen consciencieux de la malade, a pu se convaincre que la tumeurfibreuse vient obstruer
(1) Doléris, Semaine gynécol., 12 fév’. 1801.
(2) De Fonlguyon, Thèse de Bordeaux.
(3) Turner, Thèse de Paris.
Bouvier Kj
la filière pelvienne et rend l’expulsion impossible, son devoir est de conseiller l’intervention, sans attendre trop de résultats du ramollissement. Enfin des accidents tels que l’hémorrhagie ou la mort du fœtus peuvent nécessiter une opération.
Quelle sera cette intervention?
De deux à six mois, l’énucléation du fibrome intra-ligamentaire est facile. Guiard, Frommel, Taylor ont pratiqué dans ces conditions la myomectomie.
La grossesse a continué à évoluer et l’enfant est né à terme.
Mais cette opération, déjà sérieuse, devient encore plus grave pour la mère lorsque l’utérus a acquis un certain volume ; elle expose aussi le fœtus.
On ne devra pas la tenter à partir du sixième mois.
Il en est de même de l’accouchement prématuré qui a donné des résultats déplorables. Mieux vaut recourir à l’hystérectonue sub-totale quand le col n’est pas infecté, totale dans le cas contraire.
A terme, si le fœtus est en vie, il faut pratiquer l’hystérectomie totale ou sub-totale avec ou sans opération césarienne. S'il est mort, on doit recourir à la basiotripsie.