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Des fièvres intermittentes en Algérie

Je suis forcé, pour céder à l’usage, de désigner sous le nom de fièvres intermittentes des affections diverses par la forme, identiques par leur nature, qui sévissent endémiquement en Algérie. Dans ces affections, en effet, I intermittence est un caractère qui est loin d’être constant; souvent elles sont rémittentes ou continues. M. Boudin a proposé de les nommer fièvres paludéennes ou limnHémiques, fièvres des marais, à cause de leur origine commune. Les médecins italiens les appellent maladies à quinquina, eu égard à la médication qui exerce

est paludéenne

fréquent, la céphalal

entière ne trouve que quelques flaques d’eau. Elle est caractérisée par la roideur et la fréquence du pouls, la chaleur de la peau, la céphalalgie , la langue saburrale à sa base et rouge à sa pointe, une vive douleur à l’épigastre ; des vomissements, de la diarrhée, de la dysen-

damnés militaires et ceux de nos soldats qui sont employés pendant les fortes chaleurs aux pénibles travaux des routes et des canaux dans des localités malsaines. Elle s'annonce par de la céphalalgie avec pesanteur de tête et obtusion des sens, de la somnolence, une faiblesse générale, quand elle a pris en chaud, comme disent les

Khoutin, M. X..., âgé de vingt-six ans, bien portant jusqu’à son arrivée, s’adonne à l'absinthe pour tromper l’ennui d’un séjour peu agréable, où la chaleur était toujours excessive. Il finit par en prendre une quantité considérable chaque jour, et sous l'influence des émanations toxiques, bientôt il lui survient de la céphalalgie, du malaise, de la fièvre. Pour se guérir, il-prit encore un peu plus d’absinthe. Il devint triste, irritable, soupçonneux, parlant avec emportement, discutant avec fureur sur toute sorte de sujets, s’exaspérant à la plus simple contradiction, répondant avec hauteur et impertinence à des personnes qu’auparavant il respectait. Ajoutez a cela l’insomnie la plus complète, de l’inappétence, des hallucinations, l’injection des yeux, la chaleur de la peau, la vivacité du pouls. On pouvait croire à un delirium tremens , mais quand dans le même temps et le même endroit, tout le monde était frappé de fièvre sous différentes formes, qu’une autre personne très-sobre avait eu déjà un accès de fièvre délirante, il était plus naturel d'admettre chez M. X... la même affection. 11 fut conduit à l'hôpital de Ghelrna, et là il n'y eut plus aucun doute; le sulfate de quinine fut administré à haute dose en même temps que

l’on fit plusieurs applications de sangsues à la base du crâne. Le délire se calma,l’affaissement succédas cette surexcitation maladive; l’action nerveuse s’affaiblit, mais se régularisa , et après trois mois de convalescence passés en France, M. X... Fut complètement rétabli.

OBSERVATION. — Guillot, égé de vingt-cinq ans, remplaçant, d’une constitution moyenne , à Bone depuis six mois pendant lesquels il a dépensé une partie de son argent dans les cabarets et les mauvais lieux, malade depuis trois jours, est apporté, le 15 septembre 1844, k l'hôpital dans l’état suivant : chaleur ardente à la peau, pouls dur et fréquent, visage animé, yeux injectés, brillants, fixant avec une sorte d’impudence , agitation continuelle, cris et chants désordonnés; il ne répond que de travers aux questions qu’on lui adresse ; il est impossible de fixer son attention. Ce délire a débuté la veille; la fièvre

ment avec 1 gramme de se) fébrifuges trois sont ainsi administrés et gardés; du tilleul chaud pour tisanes une potion éthérée. Après la chute des sangsues, le ventre est recouvert de fomentations émoi-

noir trës-liqnldëy laissant une teinfëviolacée sut la laide du couteau. La bile, qui, dans le premier cas, varie à peine, est, dans cotte der-

sirupeuse, épaisse. La Vésicule êst alorè’ considérablement distendue. S’il y a eu hydropisie, le foie est généralement très-volumineux, grisâtre ou jaunâtre, mou , peu sanguin , granuleux ; la bile est aqueuse, d’un jaune doré. Dans ce cas aussi, j’ai quelquefois trouvé une véritable cirrhose; mais alors l'atrophie'du foie était sans doute indépendante de la fièvre.

Raie. — Dans les cas rapidement mortels, quand la congestion'n’a duré que peu de temps, et que le sang n’a pas éprouvé une grande altération, son volume ne s’accroît pas considérablement. J’en ai trouvé qui n’avaibht qile 12 ou 15'centimètres dé hauteur. Le parenchyme était'encore sain, résistant , non désorganisé; mais si les accès se soiit fréquemment reproduits, il n’y a pour ainsi dire plus de bornes au développement de l’organe splénique. J’en ai pesé de 5 ou de 6 livres, aSseSsouvent dé 8 et de 10, une de 15. Tous tes hommes de la légion étrangère qui nous venaient dé Gigelli à Bone étaient remarquables par lé volume et la déformation de leurs ventres , la décoloration dé'tous leurs tissus. La rate formait chez eux une tumeur éndrme qui descendait jusqu’à la'symphyse du pubis, s’étendait à droite ati delà de là ligne blanche, et proéminait fortement du côté gauche de l’abdomen: Dans les fièvres rémittentes ou continues', son voliïmé est moins Considérable, mais son tissu est désorganisé, mhu, violacé, presque noir; sa coque fibreuse, facile à rompre, laisse échapper une sorte de boue liquide, de fiutrilage coiilëür lie'dë 1 vin. Quelquefois sa membrane d’enveloppe est recouverte d’un enduit blanchâtre, opalin, onctueux au toucher, formé sans doute par exsudation.

Rèim. — Ils sont tOnjdors à l’état normal, si ce n'est dans quelques rares hydropisiës, où on' lei' voit hypertrophiés, d’un jaune fauve,

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