‹ Des fièvres intermittentes et rémittentesChapitre 11 sur 24 · XXX DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

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et nécessaire pour constituer l’état cle santé.

Il j a une troisième classe de médecins qui admettent des fièvres essentielles, qu’ils appellent idiopathiques y pour les distinguer de celles qu’ils appellent symptomatiques ; l’expression idio patique n’a pas été prise dans le même sens par quelques auteurs ; en général leurs définitions renferment cette même distinction que nous venons de signaler comme mal fondée. Nous n’ignorons pas qu’on peut nous faire l’objection, que les fluides circulatoires ne sont pas des organes, et que, si on nous prouve qu’ils peuvent être affectés primitivement , ce que nous venons dire se trouve frappé de nullité. Mais avant de nous adresser cette objection, qu’on se dise que les fluides circulatoires n’ont pas de sensibilité par eux -mêmes, que ce ne sont que des matériaux destinés à être sensibles , en devenant parties constituantes des organes qui se les approprient, selon leurs besoins et leurs appé -

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tits-; qu’on se dise que puisqu’ils ne jouissent d aucune sensibilité , ils ne peuvent occasionner aucune maladie par eux— memes ; qu on se dise enfin que ce n’est qu’autant qu’ils ne sont plus en rapport soit avec les sécrétions, soit avec les excrétions d’un organe quelconque, qu’ils peuvent donner naissance aux diverses affections auxquelles les organes sont sujets. Toutefois nous reconnoissons que les fluides circulatoires, qui sont destinés aux sécrétions, sont plus près de la vie que ceux qui appartiennent aux excrétions; ces derniers ne vivent plus. Il est clair que le sang artériel n’est pas bien éloigné d’être converti en musclés, etc. On ne peut cependant avancer qu’il ait de la sensibilité, que lorsqu’il a subi les élaborât ions nécessaires pour être véritablement converti en muscles, etc.

Au reste, vouloir approfondir tous ces phénomènes jusque dans leurs plus petits détails ,. seroit prétendre à expliquer la vie, et on sait que c’est là que sont les colonnes d'Hercule , non-seulement

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de la médecine, mais de toutes les branches de l’histoire naturelle, et de toutes les autres sciences ; où lorsqu’on n’a pas à rechercher ce que c’est que la vie , on youdroit en vain remonter aux causes premières qui échapperont toujours aux recherches et a l’intelligence des hommes.

En nous résumant sur les paragraphes précédons, nous conclurons : i°. que la fièvre est le résultat d'une réaction organique , laquelle nous croyons devoir toujours exister , même lorsque nos moyens d’investigation, soit pendant la vie, soit après la mort, n’en peuvent déterminer le siège ; dans ce cas c’est la faute de nos connoissances , qui sont trèsbornées; 2°. que les fièvres essentielles sont pareillement dues à une lésion organique locale ; 5°. qu’il n’y a donc pas de fièvre et d e fièvres essentielles , telles que presque tous les auteurs les ont définies. Il faut donc rejeter les définitions qu’ils nous en ont données comme inexactes et mal fondées; mais il faut aussi

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conserver les symptômes de diagnostic et de pronostic qu’ils nous en ont laissés; car ce seroit s’abuser beaucoup que de penser que les travaux des médecins, qui ont mal défini la j lèvre et les fièvres essentielles, deviennent par là inutiles, ou doivent être entièrement négligés.

Nous trouvons, au contraire, qu’on ne sauroit trop méditer les ouvrages des médecins anciens et modernes, bien qu’on n’y trouve pas les notions d’anatomie pathologique qui, de nos jours, donneront à la médecine une direction plus heureuse et plus sûre. Si ces médecins n’ont point connu l’art d’interroger les cadavres, ils ont du moins bien possédé celui d’observer les modifications de la vie jusque dans les symptômes les plus cachés des maladies; à défaut d’autres moyens, ils ont concentré toute leur attention, toutes leurs recherches sur les phénomènes qui ont lieu chez l’individu souffrant; et certes ce seroit commettre une grande injustice- que de nier qu’ils aient rendu de grands services à la mé-

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decine en donnant , avec l’exactitude la plus scrupuleuse et la mieux entendue, une description des maladies telles qu’ils les avoient sous leurs jeux. C’est vainement qu’on voudroit aujourd'hui leur enlever ce mérite; on sera toujours forcé de convenir que^ par leurs principes, ils sont parvenus à prédire l’événement des maladies avec une confiance qui est le propre de l’expérience et de la vérité. Leurs travaux seront conservés comme des monumens immortels ; et les véritables médecins les consulteront journellement pour y apprendre la médecine hippocratique; cette médecine toute vivante y de diagnostic , de pronostic et de traitement, qui a posé les bases de notre art, et rendu d’immenses services à l’humanité.

L’illustre Morgagni, le véritable chef de l’anatomie pathologique, dans sa lettre à Jean-Frédéric Schreiber , placée au commencement du troisième volume de son ouvrage (édition de Tissot), dit, en citant les propres expressionsde liai-

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