DISCOURS PRELIMINAIRE. XXXV
ier, dont il adopte toute la pensée : Stcu tuebat ille ut prœclarè nosti , omnium optimum inter eo s qui observaverunt ea quœ in vita contingunt , fuisse Hippocratern , sed qui examinaverunt enclavera post mortem , hos optime de arte menasse. On voit par cette citation, qui fait honneur à la modestie du plus célébré des anatomistes du siçcle dernier, qu il faisoit également la part de mérite et aux observateurs à la manière d’Hippocrate, et aux observateurs anatomicopathologistes. De nos jours on est beaucoup plus sévère, ajoutons plus tranchant; mais est-on plus juste, et surtout plus impartial ?
Nous venons de remarquer plus haut que les médecins anciens et modernes ont L res-bien décrit les maladies, quoiqu’ils n’aient emprunté aucun secours à l’anatomie pathologique. Parmi les preuves que nous pourrions citer à l’appui de cette opinion, nous en choisirons une qui se rapporte à la note insérée page 18 de la Traduction; nous y avons
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dit que nous pensions qu’aucun médecin n’avoit suivi , comme le docteur Broussais, le diagnostic de la toux qui se manifeste dans l’accès des fièvres intermittentes. Beaucoup de médecins ont parlé de cette toux : nous lisons, dans le premier Mémoire sur les fièvres aiguës de Le Roi , ancien professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier, page 1 88 de ses Mélanges de P hysique et de Médecine : « Une toux imy, portune est aussi quelquefois l’avantn coureur marqué de chaque redoublen ment. » Ce symptôme est parfaitement saisi, et le traitement de cette toux importune aussi parfaitement indiqué ; dans ce cas , comme dans quelques autres , l’anatomie pathologique n’a fait que confirmer le diagnostic déjà établi.
Nous placerons ici quelques réflexions qui se lieront avec celles qui se trouvent à la page io5, où il est parlé de la confiance qu’on doit avoir après la mort aux traces des lésions qui ont existé pendant la vie. Nous parlerons sur ce sujet d’après
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ce que nous avons vu nous -mêmes; quelque foible que soit notre autorité , elle pourra néanmoins être de quelque poids pour les autres, puisque nous rapportons ce qui a servi à notre conviction. Nous avons souvent assisté aux ouvertures des cadavres dans plusieurs hôpitaux de Paris , et nous avons reconnu qu’en général on jugeoit avec trop de facilité et de promptitude du degré de danger qu’avoient dû amener les altérations organiques qu’on découvroit.
Quelquefois on n’apercevoit qu’une légère phlogose, des rougeurs, quelques granulations dans la muqueuse de l’estomac, par exemple : eh bien, avec ces simples vestiges de la maladie on prétendoit se rendre raison de tous les symptômes qui avoient existé , etc. etc. Nous confessons que nous sommes incrédules sur ce point, car il ne nous paroi t nullement démontré qu’on put raisonnablement expliquer tous les phénomènes qui s’étoient présentés pendant la vie, par les altérations organiques de