SERVICES CIVILS
Si nous avons pu établir sur des bases certaines la comparaison de la dette publique anglaise et de la nôtre, les éléments nécessaires nous manquent pour le parallèle des dépenses respectives occasionnées par les services civils.
Notre budget est divisé par ministères; chacun des membres du cabinet dispose des crédits affectés à son département, et, après la clôture de l'exercice, il rend de remploi de ces crédits un compte public et détaillé.
Rien de semblable n'a lieu en Angleterre ; il n'existe au budget d'autre division que celle du fonds consolidé et des allocations assujetties au vote annuel du Parlement.
Les ministres ne rendent, ne pul)lient aucun compte. Rien de plus difficile que de recueillir en chiffres exacts les dépenses analogues aux nôtres pour les comparer.
Nous rencontrons pour ce parallèle un autre obstacle dans la différence de l'organisation administrative des deux nations. Tandis qu'en France le pouvoir exécutif étend son action par des mandataires rétribués sur toute la surface de FEmpire , et en prend à sa charge les principales dépenses, en Angleterre les comtés, les cités et bourgs s'administrent eux-mêmes au moyen de taxes locales, dont le montant, à défaut de publications officielles, ne peut être déterminé d'une manière précise ; presque toutes les fonctions publiques y sont gratuites. Néanmoins l'étude des deux budgets nous
offre des termes de comparaison assez nombreux pour nous permettre d'y puisser des renseignements utiles sur le mérite respectif des institutions financières des deux pays. C'est le but unique que nous nous proposons.