CULTES
Le service des cultes ne figure au budget anglais que pour la somme modique de 1,650,000 francs.
C'est que le clergé anglican pourvoit lui-même à ses besoins avec les immenses ressources dont il dispose , et qui consistent dans le revenu de ses domaines et dans les produits des dîmes ecclésiastiques et d'une taxe spéciale connue sous la dénomination de church rate.
Avant 1530, époque où TÉglise d'Angleterre se sépara de Rome pour se placer sous la suprématie reli-
gieuse du souverain , elle possédait une grande partie du sol; les biens immeubles dépendant des évêchés , des doyennés et de plus de cinq cents couvents rapportaient au delà de 200 millions.
Henri VIII s'empara des plus importants de ces domaines; néanmoins ceux que le clergé a conservés et qui se sont accrus depuis lors lui donnent approximativement un revenu de 33 millions de francs.
Quant aux dîmes, qui consistent dans le prélèvement du dixième des produits du sol , du commerce et de l'industrie, elles n'ont jamais été contestées au clergé de rAngletcrre.
Perçues longtemps en nature , elles ont été définitivement remplacées , en vertu d'une loi de 1836, par une rente foncière qui grève chaque paroisse , et qui est établie et recouvrée comme les autres impôts directs ; les collecteurs ont le droit de saisir et de vendre le mobilier du débiteur, et, en cas d'insuffisance, de faire procéder à son arrestation.
Il n'existe point de comptes officiels qui déterminent le montant de cette taxe; d'après les économistes les plus autorisés de la Grande-Bretagne, les dîmes rapportaient :
En 1790 156,000,000 fr.
En 1814. 125,000,000
En 1833. 171,000,000
Elles s'élèvent actuellement pour
l'Angleterre et l'Ecosse à 164,000,000
Et pour l'Irlande 13,000,000
En tout 177,000,000 In
Quant à la taxe spéciale {churchrate) ^ qui plusieurs
fois a été l'occasion de débats orageux au Parlement ,
elle produit de 15 à 20 millions.
Ainsi le revenu total du clergé anglican n'est pas
moindre de 225,000,000 fr.
Comment esl-il réparti ? On reprochait au haut clergé de s'en attril)ucr une part excessive.
En 1838 , sur les réclamations qui lui furent adressées , le Parlement fixa le maximum de chaque traitement individuel à 375,000 francs, et le minimum à 1 ,250 francs.
D'après ces bases, les archevêques reçoivent de. . . 250,000 à 375,000 fr.
Les évêques, de 105,000 à 250,000
Les doyens des cathédrales, en moyenne 25,000
On compte, en outre, dix mille sept cent huit bénéfices dont la dotation, prélevée sur les fonds ci-dessus, est de 75,000,000 francs.
La moitié de ces bénéfices est conférée par la Couronne, les archevêques et évêques, des corporations religieuses ou municipales; l'autre moitié, par desimpies particuliers.
C'est un reste de ces droits féodaux dont on retrouve partout les vestiges dans les institutions anglaises. Ce droit se vend publiquement. Le possesseur d'un bénéfice ainsi acheté le confie au ministre qu'il lui plaît de désigner, et parmi ces bénéfices il en est qui rapportent jusqu'à 110,000 francs.
L'Eglise française jouissait de la môme opulence que celle de la Grande-Bretagne avant la révolution de 1789. Le revenu de ses biens immobiliers était évalué à 150 millions.
L'Asseml)lée constituante réunit ces biens au domaine public et en ordonna l'aliénation; elle abolit aussi les dîmes. Napoléon P*^, en rétablissant les autels et en rappelant les prêtres de l'exil, imposa à TÉtat Tobligation de pourvoir aux frais du culte et à l'entretien de ses ministres. De là l'inscription au budget d'un crédit qui, sous son régne, n'a
point dépassé 17,000,000 fr.
qui s'est élevé sous la Restauration à 35,000,000 fr.
sous le grouvernement de Juillet, à 39,000,000
et qui en 1863, y compris les frais des
cultes dissidents , a atteint le chiffre
de 46,528,000
Il faut y ajouter environ 16 millions que votent annuellement les
départements et les communes, ci. 16,000,000
D'autre part, les donations pieuses ont reconstitué au clergé français un
domaine immobilier d'un revenu de. 3,000,000
Il reçoit donc en totalité 65,528,000
qui sont répartis de la manière suivante :
Les cardinaux reçoivent 30,000
Les archevêques 20,000
Les évéques 15,000
Les chanoines, de 1,600 fr. à 2,400
Les curés, de 1,200 fr. à 1,500
Les desservants, de 850 fr. à 1,100
Les vicaires, de 350 fr. à. . • . . . . 500
3,088,000 francs ont été affectés aux édifices religieux, et 1,778,000 francs aux cultes dissidents