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ADMINISTRATION INTÉRIEURE

Dans notre allocution de Tannée dernière, nous vous avons présenté un exposé succinct de l'organisation administrative des trois royaumes ; nous vous avons dit que, divisés en comtés, districts et paroisses, ils avaient pour principaux fonctionnaires les lords lieutenants , les shérifs , les juges de paix, les baillis ; que les cités et les bourgs, formant des corporations municipales indépendantes, étaient placés sous la juridiction des maires et des aldermen nommés par des conseils élus, et que toutes ces fonctions s'exerçaient gratuite-

ment parce qu'elles n'étaient conférées qu'à Taristocratie de la naissance ou de la fortune. Il en est néanmoins quelques-unes qui sont largement rétribuées au moyen de vacations ou de taxes spéciales non mentionnées au budget et dont il n'est rendu aucun compte.

L'État ne supporte que les frais de police ; ils ne sont pas moins élevés qu'en France, et dépassent le chiffre de 49 millions, y compris ceux des établissements pénitentiaires; le seul corps de dix mille constables entretenu en Ii^binde exige une dépense déplus de 17 millions, prés des deux tiers de ce que coûte la gendarmerie française.

Il est une autre institution qui en Angleterre a une trop grande importance , au point de vue financier, pour être passée sous silence, quoiqu'elle ne doime lieu au budget qu'à l'ouverture d'un crédit minime : nous voulons parler des établissements desservis par la taxe des pauvres.

Avant la Réforme, les secours aux indigents et aux infirmes étaient l'une des charges des seigneurs féodaux et du clergé.

Après que Henri \ III eut aboli les corporations religieuses et confisqué leurs biens, une loi de 1535 obligea chaque paroisse à nourrir ses pauvres. Ou n*en conserva pas moins contre la mendicité et le vagabondage les pénalités excessives de l'ancienne législation. Vers la fin du règne de Henri VIII, trente-huit mille mendiants, convaincus d'une triple récidive, furent mis à mort connue s'ils avaient été coupables de félonie. L'horreur qu'excita celte atrocité en empêcha le renouvellement.

Une loi de 1572 régularisa la perception et la distribution des secours. Des employés spéciaux, avec le titre de surintendants des pauvres, établirent et recou-

vrèrent, par les mêmes voies que les autres impôts, une taxe prélei^ée sur tous les produits de la propriété et du travail. Cette taxe a été plusieurs fois remaniée, en dernier lieu par une loi de 1836 ; chaque paroisse entretient les pauvres qui y sont domiciliés et dont la liste est arrêtée dans un bureau où se réunissent des juges de paix et des commissaires élus par les habitanls ; les pauvres sont recueillis dans les asiles nommés work houses j où on leur donne un travail approprié à leurs forces; les infirmes reçoivent des secours à domicile.

Le nombre des indigents inscrits et assistés varie chaque année de un million à un million et demi; il s'est même élevé à deux millions en 1848. La taxe , qui n'était en 1785 que de 54 millions, s'est accrue en 1832 jusqu'à la somme de 217 millions; elle a été en 1863 de 212 millions.

Un haut fonclionnaire , le président du bureau de la loi des pauvres, à Londres, fait partie du conseil des ministres.

En France, les établissements destinés à soulager les infirmités et la misère se divisent : en établissements généraux entretenus par l'État, tels que les asiles de Vincennes et du Vésinet, les sourds-muets, les aveugles, les aliénés de Charenton ; en établissements départementaux , tels que les dépôts de mendicité et les asiles d'aliénés ; et en établissements communaux , qui sont les hospices et les bureaux de bienfaisance , ces derniers au nombre de plus de quatorze mille.

Leurs ressources réunies excédent annuellement 100 millions.

11 existe, en outre , de nombreuses institutions privées venant en aide à l'infortune, qui trouve surtout une assistance incessante dans la pieuse sollicitude et la charité inépuisable du clergé.

Ainsi en France , sans être obligatoire , la bienfaisance n'est ni moins active ni moins efficace qu'en Angleterre, où elle constitue Tun des impôts les plus onéreux et peut-être les plus abusifs ^

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