‹ Des finances françaisesChapitre 128 sur 156 · INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION PUBLIQUE

Budget anglais 30,550,000 fr.

Budget français 17,143,000

Quoique l'instruction publique en Angleterre trouve au budget une allocation si considérable, elle n'est placée ni dans les attributions d'un ministre spécial ni sous la direction de TEtat; elle jouit d'une complète indépendance.

L'enseignement supérieur a pour siège principal des corporations universitaires ricbes et puissantes ; les plus célèbres sont celles d'Oxford et de Cambridge. Elles s'administrent elles-mêmes et ont un sénat présidé par un cbancelier; c'est un titre qu'ambitionnent les plus bauts personnages. Ces deux universités envoient chacune un député au Parlement.

Elles possèdent de nombreux établissements qui renferment plusieurs milliers d'élèves. Ceux qui appartiennent à la noblesse y ont non-seulement des places et des costumes distincts , mais encore l'étrange privilège de pouvoir obtenir des diplômes de licenciés en théologie, sciences et lettres sans subir d'examen; il est rare néanmoins qu'ils s'affranchissent de cette épreuve.

Les écoles d'enseignement secondaire sont presque toutes d'anciennes institutions, régies conformément

Alémes ouvrages déjà cités.

aux statuts établis par leurs fondateurs ; le gouvernement n'a sur elles aucune action.

L'instruction primaire était également abandonnée à l'initiative privée.

En 1839 seulement, on créa un bureau d'éducation qui reçut de l'Etat une subvention annuelle de 750,000 francs. Depuis lors, le chiffre des crédits budgétaires a été progressivement augmenté. Ces crédits sont réservés à la construction et à l'entretien des écoles, dont les maîtres se soumettent à la surveillance des inspecteurs nommés avec l'approbation de l'archevêque de Cantorbéry. Ces subventions ne doivent pas excéder les deux cinquièmes de la dépense ; elles sont accordées en raison du nombre des élèves qui se présentent aux examens et dont les réponses sur les diverses branches de l'enseignement ont été reconnues satisfaisantes par les inspecteurs.

L'État concourt aussi dans une large proportion aux frais de quarante écoles normales, destinées à former les instituteurs primaires. 11 dote, en outre, les musées et les autres établissements consacrés à l'étude des sciences et des beaux-arts. Si ces divers crédits excèdent de plus de 13 millions les fonds affectés par notre budget à la même destination , il ne faut pas en conclure que nos voisins s'imposent de plus grands sacrifices que nous pour la propagation de l'enseignement , ni que leurs écoles soient ou plus nombreuses ou plus fréquentées.

Le chiffre ci-dessus de 17 millions est celui que le budget attribue au ministère de l'instruction publique ; une parti ed es fonds qui lui étaient alloués a été antérîeurement reportée au ministère de la maison de l'Empereur et des beaux-arts.

En outre , les musées sont , en France , une des charges de la liste civile. Enfin nos départements et

nos communes supportent en grande partie le fardeau de la construction et de Tentretien des écoles primaires, fardeau qui ne pèse point sur les comtés et les paroisses anglaises \

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