‹ Des finances françaisesChapitre 130 sur 156 · ARMÉE · texte numérisé non relu

ARMÉE

L'Angleterre apayépendantTannée 1 8G3-18Gi pour l'entretien cVune armée de 145,000 hommes et de 1 4,000 chevaux (pensions déduites,

36,200,000 francs) 336,050,000 fr.

La France a payé pendant la même période, pour une armée de 400,000 hommes et de 85,000 chevaux (hudget ordinaire) 376,587,000

Dés lors, si Tarniée anglaise était aussi nombreuse que la nôtre, son entretien exigerait plus à' un milliard.

Les causes de celte cherté relative sont nombreuses :

Le service militaire en France est obligatoire ; le recrutement, comme on le sait, s'opère par la voie du sort. L'armée anglaise ne se compose que de volontaires, recevant une prime évaluée en moyenne à 75 fr.

La solde d'un fantassin anglais est de 1 fr. 25 c. par jour. Elle s'augmente progressivement, après trois ans de services, pour ceux qui n'encourent aucune punition. Le maximum est un tiers en sus.

La solde du fantassin français est de 0 fr. 40 c. au minimum, et de 0 fr. 45 c. pour les compagnies d'élite.

La proportion est à peu près la même pour la cavalerie et l'artillerie, ainsi que pour les sous-officiers. La moyenne du prix de l'habillement, par homme.

est dans Tarmée anglaise de 95 francs, dans Tarmée française de 41 fr. .91 c.

La nourriture d'un cheval, sauf les variations du prix des fourrages, coûte à TAngleterre 814 francs, à la France 429 francs.

La même différence se remarque dans les frais de campement, des Iiôpilaux, de la justice militaire.

En France, les officiers employés dans les conseils de guerre n'ont que la solde de leur grade, et ceux qui sont en retraite touchent le supplément nécessaire pour leur donner le traitement d'activité.

En Angleterre , le juge-avocat remplissant les fonctions de rapporteur reçoit 50,000 francs; l'adjoint, 30,000 francs.

Celte disproportion dans les traitements n'est pas moindre pour le corps des officiers.

Voyons d'abord comment ce corps se recrute dans les deux pays ; la différence des traitements attachés aux grades d'officiers s'expliquera par celle des conditions requises pour obtenir ces grades.

En France, personne ne Tignore, les places d'officiers sont réparties entre les jeunes gens qui sortent des écoles militaires après avoir satisfait aux examens, et les sous-officiers qui, par leurs services et leur in- »struction, ont mérité d'être inscrits sur les listes de proposition des inspecteurs généraux.

En Angleterre, avant la guerre de Crimée, les grades d'oftîciers était exclusivement réservés aux pri^ vilégiés de la naissance et de la fortune. Depuis 1856, sur l'initiative du duc de Cambridge, l'admission aux écoles préparatoires militaires est prononcée, comme en France, à la suite d'un concours public. Après deux ou trois ans d'études dans ces écoles, si Ton est déclaré admissible, on entre dans l'armée en qualité de cornette ou d'enseigne , à la charge d'en acheter la com-

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mission. L'avancement est subordonné à des conditions ré^jlenientaires, mais ne peut s'obtenir que moyennant une commission nouvelle acquise aux prix déterminés par le tarif ci-aprôs :

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