LIVRE PREMIER
ce Les produits des douanes couvrant à peine leurs dépenses; ceux de renregislrement à peu près réduits aux droits modiques que supportait la vente des biens nationaux; le commerce écrasé à la suite des réquisitions et des perceptions arbitraires, par une énorme taxe dont le prétexte était la réparation des routes, lesquelles restaient impraticables, qui suffisait à peine à Tentretien des barrières et de leurs gardiens; la trésorerie n'ayant pour ressources que quelques recouvrements tardifs sur des domaines mal vendus, et une contribution foncière si mal répartie, que celle qui frappait les domaines nationaux restant à vendre, absorbait presque leur fermage; les comptables et leurs caisses mis partout à la disposition d'un essaim de soi-disant banquiers, entrepreneurs de tous les services ministériels, envers lesquels le ministère se constituait débiteur, avant que ces fournisseurs eussent rien fourni ; une banqueroute solennelle de deux milliards pour compléter ce système journalier de banqueroutes qui datait de la première émission des assignats; la matière imposable appauvrie partout, comme les revenus particuliers qui en sont la source, par l'effet des confiscations, des réquisitions, des emprunts forcés, de Tanniliilation des deux tiers de la dette inscrite et de plusieurs années d'arrérages; plus de 600 millions de dépenses indispensables avec moins de 300 millions de recettes publiques ; et tandis que l'intérieur de la France n'était plus qu'un vaste champ de désordres et de ruines, les armées de trois grandes puissances menaçant sur tous les points ses frontières, rien n'est exagéré dans ce tableau de la France avant le Consulat.