DÉPENSES DE LA GUERRE D'ORIENT
L'année 1854 s'ouvrait sous les plus lieureux auspices pour nos finances; ]e budget avait été préparé avec le plus grand soin. La sécurité profonde dont jouissait le pays, où l'activité agricole, industrielle et commerciale avait pris un essor rapide et progressif, et le fonctionnement régulier de tous les services publics, avaient permis d'établir les prévisions du budget sur des bases presque certaines.
Les crédits ouverts s'élevaient à 1,520,288,089 fr.
et les dépenses votées à 1,516,720,459 fr.
d'où résultait un excédant de
recette de 3,567,630 fr.
Sans doute des besoins imprévus pouvaient convertir en déficit ce failde excédant de recelte ; mais on était fondé à espérer que Taugmentation des revenus publics aurait été même supérieure à celle des deux années précédentes, où elle avait atteint en moyenne le chiffre de 70 millions, chiffre plus que suffisant, dans une situation normale, pour couvrir les dépenses accidentelles les plus considérables.
La guerre de Crimée vint tout à coup changer entièrement Téconomie de nos budgets. Nous n'avons pas à recherclier les causes et à décrire les péripéties de cette guerre que termina si glorieusement le traité du