‹ Des fonctions et des maladies nerveuses dans leurs rapports avec l'éducation sociale et privée, morale et physique [electronic resource]Chapitre 14 sur 41 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

exprimées par la VoriiiLile des réactions sympathiques ties viscères ou du cerveau !

Sachons donc reconnaître que l'idée est le levier à l'aide duquel l'homme peut mouvoir son organisme dans le sens de ses devoirs ou de son égoïsme ; sachons y voir une virtualité physiologique spéciale, comme nous en voyons une dans les circonstances extéi'ieures qui ont le privilège de nous émouvoir. Dans le premier cas, la virtualité dont nous parlons est l'expression d'un rapport préétabli entre une influence de l'ordre spirituel et les conditions générales de l'organisme. Dans le second cas, elle est l'expression d'un rapport préétabli entre une influence de l'ordre physique et les besoins ou les penchants de chacun. Appelez réaction sympathique du cerveau l'émotion qui complique une idée, et nous acquérons logiquement le droit d'appeler réaction sympathi(|ue de la rétine l'émotion provoquée par la vue d'une personne aimée. Vous aurez ainsi pris un soin infini à envelopper dans les ténèbres les plus profondes ce qu'il importait le plus de connaître, c'est-à-dire la cause spéciale de l'émotion, l'objet ou l'idée qui nous ont affectes.

L'idée est donc une force physiologique dont l'activité spirituelle dispose pour agir sur l'organisme, et dont la société est en possession pour agir sui- chacun de ses membres. Il n'appartient point

WVlll INTIÎODUCTION.

aux avoiiiîlt's exigences, moins encore aux obscurs |)enchants de la vie viscérale, de créer ni de mouvoir cette force psycho-cérébrale. Si Tidée d'une salistaction ;i obtenir ne préexiste pas, ou n'est pas associée à ces exigences et à ces penchants, si elle ne lait point partie du domaine de la pensée, si elle n'a pas impressionné déjà la matière cérébrale, Téniotion sentimeiitale et, dans pUisieurs cas, l'émotion sensuelle restent isolées, vagues, obscures; il y a de l'agitation, mais il n'y a pas d'action coordonnée; des mouvements instinctifs ou expressifs peuvent y correspondre et les trahir, mais le concours de !' intelligence, la coopération synergique de l'appareil psycho-cérébral sont impossibles.

Notre doctrine n'est donc pas celle de Cabanis, malgrf' l'emprunt cpie nous faisons à sa th('*orie des phénomènes affectifs. Pour lui, les forces physiologiqu(!s si distinctes qui se répandent dans le monde sous forme d'idées se confondent dans une opération connu une du cerveau. Semblable aux philosophes de l'Inde qui, niant la réalité des forces et des phénomènes de la nature, les font disparaître dans les profondeurs do l'Être, accessiltle aux seules intuitions de l'esprit, (Cabanis, niant la réalité des forces et des phénomènes du monde spirituel, les fait disparaître dans les pi'ofondeurs du cerveau, accessible aux seules impressions des sens. Avec une

INTRODUCTEON. XXIX

pareille iiiaiii(''ie do voir, on suppi'iiiie réU?meiit intelleeliiel (pii uoil s'associei' à rélt^iueiil attectil' pour constiUier un sentiment, un désir, une passion ; et, tout en voulant réduire le eerveau au rôle d'un viscère de la vie de nutrition, on élève les viscères de la vie de nutrition au rang- d'un appareil intellectuel. Nous ne pouvions adopter une doctrine qui implique logi((uement d'aussi étranges consé(piences. I^^'idemmeîit, Cabanis, subissant, comme la plupai t lie ses successeurs, le joug de la iuéthode nuitérialiste. n'a pas été fidèle à la maxime que nous avons rappelée en commençant cette introduction.

Selon nous, les im[»ressions sensoriales et ganglionnaires échappent, chez Thomme, aux lois qui l'égissent le m«';canisme nei'veux des animaux; elles y échappent en tiaversanl la centralité sensoriomotrice pour atteindre rapi)areil psycho-cérébral et pour s y associei- aux idées dont l'esprit est mis en p( "ssession au moyen de l'enseignement par le langage el par l.vs institutions sociales (1). C'est en atteignaid

I Ij Si I on nous demande quel est le rôle de l'appareil ccrùbra] chez les animaux, nous répondrons que cet appareil est destiné à servir d'inslrumfMit à 1 educaliililé animale, qui, comme nous le ferons voir dans le cliapitro sixième, consiste principalement dans l'associiition souvent renouvelée de diverses impressions sensoriales entre elles el avec une impression affective. L'élément intellectuel, on Tidee, dont nous venons d'indiquer le caractère physiologique et qui constitue mu; force dont I homme, «lui en est une fois en possession, dispose ù. son gré, n'existe point chez l'animal. Aussi s'accorde-t-on à refuser aux bète,^

Page 1