INTRODUCTION XXV
rinfliieiice (riiiio excitation sympatiiique. Mais Tidf'o écliappeà cette grossière appréciation ; elle constitue un élément mobile, transmissible par voie d'enseignement, et non par voi(> de géniM'ation, difïusible connue la parole parlée ou écrite, se montrant et disparaissant à notre gré, selon notre caprice, variant avec les circojistances, subissant les conditions de ïa civilisation dans laquelle nous vivons, là exclusive ou dominante, ici iugilive ou suliordonnée, ailleui's nulle ou impossible.
Que d'obscurités répandues ainsi sur la notion de ridée dont il fallait au moins éludier les rapports avec l'ensemble des ph('nomènes physiologiques !
L'idée se présente sous deux aspects généraux <pi<' nous sommes dans la nécessité de rappeler ici.
Elle est d'abord l'image intérieure, fidèle et rniijours présente de ce qui a été aperçu extérieul ejïienl. On peut même dire que les êtres extérieurs conserveiu sous cette fornie spirituelle, insaisissable aux sens, le privih'go d'exercer sur nous une influence (jue l'éloignement dans le temps et dans res[)ace eût rendue impossible. C'est par l'esiiril que les choses du moiîde matériel ont le pouvoir île nous émouvoir, alors même (pfelles ont disparu de notre sphère sensorial(>, (mi s'asseyant aviM- nos f)i-opres conceptions au toy"i' de notre intelligence. I/éniotion qui a été une lois pi'oduite par le spectacle
XXVI INIKODUCTION.
des choses extérieures, est reproduite par la seule idée de ce spectacle. Nous pouvons ainsi, à notre gré, appeler ou éloigner l'émotion en rappelant ou en repoussant cette idée.
Mais l'idée est loin d'être toujours l'image intérieure et fidèle de ce qui est aperçu hors de nous, dans le monde physique. L'idée échappe à cette fatalité, à ce cercle de fer dans lequel la liberté et l'activité de rhomme disparaîtraient. L'idée est plus que cela, elle est l'aflirmation d'un nombre infini de rapports entrevus par la fantaisie ou par le génie, au moyen d'associations capricieuses ou savantes, véritables jouets de notre imagination créatiice. C'est considérée surtout sous cet aspect que l'idée constitue l'élément radical de la liberté de l'homme. Il peut en disposer pour lé bien et pour le mal, pour le subhme et pour le hideux, car l'un n'existe que par l'autre, et la hberté n'existe que moyennant cette double possibilité d'agir. A l'aide d'une idée noble et généreuse, il peut se laisser volontairement mourir, il peut subir toutes les tortures de la faim et de la soif, il peut imposer à sa chair les plus cruels sacrifices; à l'aide d'une idée égoïste et abjecte, il peut dépraver ses instincts, leur commander d'infâmes exigences, en obtenir les plus abominables voluptés. Et des forces physiologiques si distinctes, si opposées, ont pu être confusément