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OBSERVATION XI (inédite).
Recueillie dans le service de M. le professeur Ardin-Delteil.
Anaïs M.., épouse E... âgée de.58 ans, est transportée dans le service de Monsieur pe professeur Ardin-Delteil, salle Andral n° du lit 16, le 7 mars 1920. Depuis quatre jours, ses 4 membres paralysés ne lui permettent aucun: mouvement.
A, H.— Son père est mort à l’âge de 30 ans de pneumonie. Sa. mère atteinte d’artério-sclérose et de cardiopathie, a succombé à une:crise d’asystolie. De ses trois frères, l’aîné est mort à 38 ans d’affection pulmonaire chronique. Les deux autres sont bien portants.
A. P. — Nous relevons une rougeôle en bas âge, une fièvre typhoïde vers 12 ans, du paludisme à 15 ans. La malade fait alors quelques accès ; depuis aucune manifestation malarique. Elle nous apprend qu’elle a été réglée à 14 ans, mariée à 23 et qu’elle a deux enfants, un fils âgé de 29 ans et une fille"de 27
. ans. Jamais de fausses couches. Ménopause à 48 ans.
Il y a 18 mois, en pleine épidémie de grippe, sa famille fut gravement atteinte ; son mari mourut de broncho-pneumonie, sa fille guérit lentement d’une congestion pulmonaire grave. Notre malade qui leur prodigua ses soins, échappa seule à la contagion.
Maladie actuelle. — Le mardi gras 17 février, par un crépuscule orageux, la malade intéressée par les facéties des masques s’attarde sur sa terrasse et «prend chaud ». Durant la semaine qui suit, elle tousse, éprouve de la lassitude avec envies fréquentes de sommeil. Néanmoins, elle continue à vaquer à ses occupations.
Le 25, dans la matinée, elle est prise de petits frissons suivis de fièvre modérée, de courbature. Après son repas de midi, elle
vomit les aliment ingérés ; elle s’alite dans l’après-midi. Constipation.
Cet état se maintient sans phénomène nouveau jusqu’au 3 mars.
Dans la nuit du 3 au 4, la malade éprouve des douleurs dans‘ la nuque, l’épaule et le bras droit, douleurs continues, pénibles
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; — 53 — empêchant le sommeil. Progressivement ces douleurs irradient vers l’avant-bras droit et la main droite, puis envahissent le membre supérieur gauche. Dans l’après midi du 4, ces douleurs se généralisent aux membres inférieurs, elles intéressent les cuisses, puis gagnent successivement les jambes et les pieds.
Le 5. — Très rapidement s’installe une paralysie totale du membre supérieur droit à début scapulaire. Dans la nuit du 5 au-6 s’établit suivant le même mode, la paralysie du membre supérieur gauche.
Le 6. — Les membres inférieurs perdent leur motilité, en commençant par les racines.
Le 7. — La tétraplégie est absolue. Les muscles de la nuque et des lombes participent au processus paralytique. Pas de troubles sphinctériens. Vers le soir apparaît une dyspnée intense avec crise violente de suffocation et stertor. La voix devient rauque. Dans cet état très grave, on transporte d'urgence Ja malade, salle Andral où nous la voyons pour la première fois le 8 au matin. Température 3702, Pouls 120.
Il s’agit d’une femme grande et forte, demi-assise sur son lit, la tête et les épaules soutenues par des oreillers. La malade, au facies anxieux congestionné et lécèrement cyanosé, tousse et fait de gros efforts pour expectorer. Une infirmière auprès d’elle essuie ses lèvres souillées par des mucosités. Presqu’aphone Mme M... répond difficilement aux questions et ne se souvient pas exactement des détails de l’évolution de son mal. Sa fille présente nous les fournit.
Le type costal supérieur de la respiration, la polypnée (40 mouvements à la minute) et la dépression inspiratoire du creux épigastrique en relation avec une parésie du diaphragme, nous arrêtent d’abord.
Les membres supérieurs reposent inertes le long du corps. Les mains légèrement cyanosées ont une peau sèche et luisante. Les membres inférieurs sont en extension, les pieds en léger varus équin. Aucun mouvement ordonné ne peut-être exécuté à l’exception d’un léger degré de flexion des orteils. La mobilité anormale de la tête nous suggère sa comparaison avec une boule de bilboquet. La malade ne peut s’asseoir seule et lorsqu” assise on la prie de s’allonger, elle se laisse tomber et entraîner par le poids de son tronc qu’elle ne peut soutenir et guider dans ce mouvement. ;
Un certain degré de dysphagie se manifeste à l’ingestion des boissons : la malade est immédiatement: prise de quintes de