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OBSERVATION XVI

Fracture par cause musculaire au niveau d’une exostose de la clavicule, chez une syphilitique (d’après la rédaction de M. Delens).

(Gosselin. Clin. chir. de l'hôpital de la Charité, t. I, p. 412, 1873. Delens. Des fractures du corps de la clavicule par action musculaire. Arch. gén. méd., 1875, 6e série, t. XXV, p. 262. Polaillon. Dict. encycl. des sc. méd. Art. Clavicule, 1re série, t. XVII, p. 678, 1875).

Amand P.., âgé de 40 ans, garçon limonadier, demeurant rue du Poirier,n°13, est entré à l'hôpital de la Charité le 17 décembre 1868, et a été couché au n° 42 de la salle Sainte-Vierge (service du professeur Gosselin).

De constitution moyenne, cet individu a eu un chancre il ya dix ans et raconte que ce chancre a été suivi de roséole. Il a fait un traitement (probablement par la liqueur Van Swieten). Depuis cette époque, il n'a pas eu d'accidents, Cependant il porte sur le côté gauche, au niveau des fausses côtes, des cicatrices blanches arrondies, d'apparence suspecte, sur lesquelles il ne peut donner aucune explication.

J1 y a dix mois environ, il a constaté à la partie moyenne de la clavicule droite une petite grosseur du volume d'un petit pois, indoïore, et qui n’a pas augmenté de volume,

Cinq jours avant son entrée à l'hôpital, en voulant charger une tablette de marbre sur le dos d’un autre individu, il a senti dans l'épaule droite, au niveau de la clavicule, une douleur vive avec craquement.

RTE

La couleur s'est irradiée vers le cou, et depuis ce moment les mouvements du bras, quoique non abolis, ont été très gènés et le travail impossible.

On constate à la partie moyenne de la clavicule droite, au point où le malade signale l'existence de la petite tumeur qu’il avait remarquée, une tuméfaction volumineuse grosse comme une noix, fusiforme, faisant corps avec l’os, dure et médiocrement douloureuse à la pression,

L'axe de la clavicule n’est pas changé à ce niveau; mais dans certains mouvements on perçoit un peu de crépitation qui ne laisse pas de doutes sur l’existence d’une fracture de la partie moyenne de la clavicule,avec conservation du périoste et sans chevauchement des fragments.

Les mouvements d’élévation et d'abduction du bras sont difficiles et incomplets; cependant, le malade arrive à les exécuter à peu près. Immobilisation du membre à l'aide d’une grande écharpe.

On sera peut-être étonné, après la déclaration de M. Gosselin, au sujet de la syphilis comme cause de fractures, de voir cette observation provenir de son service. Mais M. Gosselin (loc. cit., p. 359), en rapportant ce fait, dit que « le malade n’a pas eu la syphilis », et profite même de l’occasion pour affirmer sa doctrine. Or, M. Delens croit avoir acquis la preuve de l’existence ancienne de la syphilis, et les détails circonstanciés de l’observation, telle qu'il l’a rédigée, ne permettent guère le doute. D'autre part, qu’on lise ce que dit M. Polaillon (1), on se convaincra que le fait est certainement le même, et que M. Polaillon, lui aussi, avait trouvé la syphilis

C’est encore au niveau d’une exostose qu'un trauma-

tisme léger a produit une fracture dans l’observation suivante :

(1) Voici le texte de M. Polaillon : « Je me souviens d'avoir observé en 1869, un homme qui, dans un effort pour soulever un morceau de marbre d’un poids peu considérable, s'était rompu la clavicule. Avant l’ac *2%t, il n’avait ressenti aucune douleur dans l'os, mais il avait eu la syphilis, et depuis huit mois il por tait une petite tumeur indolente dans l'endroit de la cassure, »

ni

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