OBSERVATION XVII
Fracture chez un syphilitique, au niveau d'une exostose du radius. Pseudarthrose.
(Debove, Soc. méd. des hôp., 25 avril 1884, Semaine méd., 1884, p. 185).
M. Debove présente des pièces anatomo-pathologiques provenant d’un de ses malades de Bicêtre.
Il s’agit d'un ancien garde de Paris qui avait eu, il ya plus de vingt ans, la syphilis : celle-ci s'était accompagnée de lésions diverses du côté du système osseux, en particulier au niveau du tibia et de l’extrémité inférieure du radius. Comme il était à cette époque sergent instructeur, il fut un jour obligé, malgré sa maladie, de faire faire l'exercice à ses hommes, et en démontrant le deuxième temps de la charge, qui consiste à laisser tomber sur la paume de la main le canon du fusil, il se fractura le radius au niveau de l’ostéite syphilitique dont cet os était le siège.
Malgré les soins qui lui furent donnés et les appareils qui furent posés immédiatement, cette fracture ne se consolida pas; il se forma une pseudarthrose, que l’on peut voir sur les pièces recueillies à Bicêtre, vingt ans après l'accident que M. Debove vient de raconter.
M. Debove communique cet exemple de fracture, car il lui semble que, eu égard à la disproportion évidente qui existe entre la cause traumatique et l’effet produit, cette fracture peut être rangée parmi les fractures spontanées.
Ailleurs, les douleurs seules indiquent une lésion qu’aucune exostose ne révèle. Ainsi dans l'observation suivante: