INFLUENCE DE LA SYPHILIS SUR LA CONSOLIDATION DES FRACTURES
Si, en mettant à part les questions de doctrine, les chirurgiens sont à peu près d’accord pour accorder à lasyphilis une part parmi les causes prédisposantes de fractures, il n’en est plus de même quand ils en arrivent à se demander ce que devient une fracture chez un syphilitique. Il en est un certain nombre qui nient résolument que la syphilis puisse retarder la consolidation.
Nous espérons pouvoir démontrer que cette influence nuisible est réelle,
Le fait qui semble le plus ancien est celui de Ravaton (1). « 1l y a des médecins qui ont répandu dans le public que le vice vénérien rend les blessures sinon mortelles, du moins fort périlleuses. Je puis assurer, au contraire, que j'ai guéri dans les termes ordinaires, à des sujets vérolés, grand nombre de plaies d’arquebusade, d'épée, de sabre et même d’amputation. [l n’en est pas de même de la réunion des fractures des os. »
OBSERVATION XXX (bis).
J'ai soigné un officier de distinction qui avait les deux os de la jambe droite fracturés. Après avoir été traité pendant neuf mois par des chi-
(1) Pratique moderne de la chirurgie, par M. Ravaton, publiée et augmentée par M. Sue le jeune, t. IV, p. 466, Paris, 1776.
rurgiens de réputation, il passa entre mes mains. Comme je trouvai la jambe fort gonflée, les os déplacés et la fracture aussi saillante que le premier jour, je m'informai soigneusement de la conduite passée du blessé, Sur le rapport qu'il me fit de plusieurs chaudepisses qu'il avait eues, et d’une dartre à la tête qui paraissait et disparaissait alternativement; j'employai les frictions mercurielles après avoir mis les os en bonne situation, et je terminai la maladie en moins d’un mois,
On a vu précédemment (p. 31, Obs. XII) le fait d'Acrel (1777). Un des plus anciens est encore celui de Léber, rapporté par Swediaur.