OBSERVATION XXXI
Syphilis tertiaire, Fracture de jambe, probablement de cause héréditaire.
Retard de consolidation. Guérison.
(Swediaur. Traité des maladies syphilitiques, 5e édition, an XUI, t. I, p. 202.)
C'est une opinion reçue par plusieurs praticiens, que les os des personnes affectées de la vérole deviennent plus fragiles et que les malades, par conséquent, sont plus sujets au fractures ; mais cette assertion a besoin d’être confirmée. Le professeur Leber, à Vienre, m'a communiqué, il y a plusieurs années, une observation curieuse et intéressante, qui mérite une place ici.
Un homme, en apparence d’une bonne santé, se promène dans sa chambre ; il fait un faux pas, tombe et se casse la jambe, Un chirurgien habile réduisit la fracture et y appliqua un bandage convenable, Après que le malade eut passé six semaines au lit, on observa que la fracture n'était pas consolidée, c’est-à-dire qu'il ne s'était pas formé ce qu’on appelle le calus, et comme l'os paraissait être dans le même état encore trois semaines après, on soupçonna que la vérole, dont le malade avait été précédemment affecté, pourrait bien en être la cause : on résolut de lui faire subir un traitement mercuriel pendant lequel le calus se consolida, et la fracture fut complètement guérie.
Quelques faits de cette espèce, bien constatés, nous éclaireraient infiniment sur la nature et les effets du virus syphilitique. Ceux de mes lecteurs qui voudront prendre plus de connaissance des effets de
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ce virus sur les os dans les différentes parties du corps, liront avec satisfaction l'ouvrage du D' Bonn, qui a pour titre : Descriptio thesauri ossium morbosorum. Haviani, in-4,
Mais si Swediaur est un des premier à avoir signalé un fait concluant, déjà l’opinion qu'il soutient se trouve exprimée par J.-L. Petit (1), d’après lequel « les fractures qui n’ont que des causes extérieures sont moins dangereuses que celles qui sont compliquées de quelques-uns de ces vices intérieurs capables de rendre les os plus fragiles. » Quelque soit ce vice, scorbutique vénérien,.. le suc osseux loin d’avoir les conditions requises pour s’endurcir et former le cal, détruira plutôt la substance de l’os même et y causera carie. De même encore B. Bell (2) déclare que la syphilis « s'oppose particulièrement à la réunion des parties fracturées » ; il est cependant parfois rangé au nombre des adversaires de cette doctrine; c’est ce que fait par exemple Durand (3) dans sa thèse, où cependant il pense que la vérole agit certainement dans bien des cas sur la consolidation des fractures.
Puis vint, en 1811, une observation de Beulac, remise récemment en lumière par M. L.-H. Petit : une fracture de jambe chez un syphilitique, reste 40 jours sans se consolider : on administre le traitement mercuriel et la consolidation se fait.
(1) L. Petit. Traité des maladies des os par feu M. Petit, Nouvelle édition par M. Louis. Paris, 1784, t. II, p. 28.
(2) Benj. Bell. Loc. cit., t. VI, p. 8.
(3) Durand, Causes et traitement des pseudarthroses. Th. Paris, 1870, n° 23, pal:
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