‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 56 sur 101 · OBSERVATION XLV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLV

Fracture de la clavicule par contraction musculaire. Syphilis tertiaire en pleine évolution. Retard de consolidation, Traitement ioduré, Guérison.

(Delens. Gaz. hôp., 11 août 1864., et Mém. cit., Arch. gén. méd.)

Marie E..., 40 ans, entrée à l'Hôtel-Dieu d'Angers, le 25 avril 1862, a été couchée au n° 17 de la clinique médicale. Cette femme a présenté depuis huit ans des accidents sypbhilitiques variés, malgré un traitement mercuriel qu’elle dit avoir suivi au début pendant quatorze mois, Aujourd’hui elle a des douleurs ostéocopes et des tumeurs gommeuses ulcérées, pour lesquelles elle entre à l’hôpital.

Les tumeurs gommeuses occupent le sommet de la tête, la région sourcilière, le front et l'épaule gauche. Dans cette dernière région or en remarque à différentes periodes de leur évolution, au niveau de l’articulation sterno-claviculaire, sur les deux tiers externes de la clavicule et dans le creux sous-claviculaire. Le corps de la clavicule présente des inégalités très marquées sur toute sa longueur.

La malade raconte que treize jours avant son entrée, en soulevant de la main gauche une cruche d’eau, elle a ressenti un craquement violent dans l'épaule gauche. Le lendemain seulement elle a constaté une tuméfaction dans la région douloureuse. Malgré la gène très grande des mouvements, elle a continué à travailler et a même pu porter sa cruche pleine d’eau.

A son entrée à l'hôpital, la tumeur osseuse, du volume d’une noix, occupe la réunion des deux cinquièmes externes avec les trois cin-

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quièmes internes de la clavicule. Elle est mobile et on perçoit nettement à son centre la crépitation fournie par les deux fragments entourés d’une substance demi-solide, Il n’y a pas de chevauchement apparent.

Le membre a été immobilisé et l’iodure de potassium administré à l’intérieur.

La consolidation s’est fait attendre plus de trois mois.

Aülleurs le sujet ne mourra pas, mais le chirurgien sera conduit à lui pratiquer une amputation et constatera dans le foyer de la fracture des altérations osseuses intenses. C'est ce qui eut lieu pour un malade d’Arnott, dont voici l'observation. Vu l'ancienneté du fait (1840), la description manque un peu de précision, mais il est permis de l’interpréter comme je le fais.

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