‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 65 sur 101 · LS · texte numérisé non relu

LS

lettre de M. J... qui continue à aller bien et à vaquer à ses occupations

grâce à son appareil.

Etudions maintenant les fractures traumatiques chez les syphilitiques tertiaires. Là, le retard de consolidation n’est pas constant, n’est peut-être même pas la règle, mais il est fréquent, M. Lannelongue (1) nous a dit avoir vu de 15 à 20 cas au moins de retard de consolidation chez des syphilitiques ; dans tous, il s'agissait de syphilis tertiaires Récemment encore. il était appelé à donner ses soins à un malade, dont la fracture de jambe, datant de trois mois, : n’était pas consolidée. — Faisant ouvrir la bouche du patient, il constata l'existence de syphilides buccales. En un mois, par le traitement spécifique, la fracture était consolidée.

Cependant, nous pouvons rapporter plusieurs faits où, la syphilis étant à la période tertiaire, la consolidation s’est faite dans les délais normaux, quoiqu'aucun traitement général n’eûtété institué. L’explication du fait est bien donnée par L.-H. Petit (2) dans sa thèse. Cet auteur n’envisage pas spécialement les fractures, mais ce qu’il dit des traumatismes en général s'applique parfaitement aux solutions de continuité des os. Un syphilitique est « blanchi, » mais non guéri par le traitement. Grâce à la médication, et même quelquefois sans son secours, il peut être considéré comme guéri. Aucune manifestation spontanée ne révèle la diathèse; mieux encore, aucun traumatisme ne la réveille. Tout évolue normalement chez ce sujet. Si, au contraire, 1] esten puissance d'accidents actuels, souvent la diathèse exercera son influence au niveau du point lésé,

(1) Lannelongue. Communication orale.

(2) L.-H. Petit. Loc. cit., p.27.

qui devient un « locus minoris resistentiæ ». Entre ces deux états il y a des périodes intermédiaires, où une cause légère sera l’occasion de se manifester pour une affection latente, mais prête à révéler son existence. C'est à cette période de transition qu’une fracture ne se consolidera pas, quoique l’examen du sujet ne fasse pas trouver d'autres marques de la diathèse,

Les différences que nous venons d’esquisser sont assez nettes, dans une observation de M. Fournier, rapportée plus loin à propos des lésions syphilitiques du cal. Un homme, infecté depuis 2 à 8 ans, consolide aisémeut une fracture traumatique ; 5 à 6 ans après, il est atteint d’une poussée de gommes ; des accidents se produisent du côté du cal ancien. Que le sujet se oo fait une fracture quelconque en ce moment, il y a gros à parier qu’elle ne serait pas consolidée sans l'intervention du traitement général.

Relatons maintenant des observations à l’appui de ce qui précède. D'abord, nous trouvons dans Folinea (1) une rapide indication : « Nous avons eu en traitement (1876) dans la salle de chirurgie de l'hôpital des Incurables, quatre femmes qui, à la suite d’un traumatisme, avaient eu une fracture, deux aux jambes, une au tiers inférieur du fémur, une à l’avant-bras droit. Toutes ces malades étaient syphilitiques, mais dans cette période latente qui évolue entre les manifestations tardives et néoplasiques. Les solutions -osseuses guérirent au bout du temps habituel, sans que la moindre complication fût survenue. » Auparavant, le même auteur avait rapporté une observation isolée, peu détaillée, et que voici:

() Folinea. Lésion traumatique chez les syphilitiques. Trad, par L.-H. Petit. Arch, gén. méd., 1881, 3 série, t. VI, p. 690.

nn pyye

Page 1