‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 81 sur 101 · OBSERVATION LXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXX

Fracture traumatique du bras. Syphilis avec manifestations actuelles. Pas de traitement antisyphilitique. Guérison obtenue en six mois.

(A.,Desprès. Chirurgie journalière, p. 71.)

Le nommé Hanon (Jean), âgé de 51 ans, charcutier, entre à l'hôpital Cochin, le 21 octobre 1875, baraque n° 3; la veille il avait êté renversé par une voiture et s'était cassé le bras. |

22 octobre. Nous constatons une fracture du tiers moyen du bras gauche. Le malade avait en outre sur l'abdomen et la poitrine une éruption de syphilis tuberculeuse disséminée très caractérisée; il y avait des poussées récentes à côté de poussées anciennes, (Le malade avait eu vingt ans auparavant un chancre traité à l’hôpital du Midi par le mercure.) Nous nous trouvons donc en présence d’un de ces cas de fracture chez un syphilitique, fracture dont le cal est singulièrement retardé, en vertu de cette grande loi de la pathologie que toute diathèse entrave les phénomènes de la réparation normale des tissus, habituelle chez les sujets sains. Nous nous attendions à devoir contenir la fracture pendant longtemps.

Le bandage de corps a êté appliqué et le malade se levait avec son bandage sans éprouver de gène ni de douleurs. Il était remarquable, en effet, que chez ce syphilitique il y avait à peine de douleurs.

La consolidation n’a commencé que Île 3 décembre; les os étaient à ce moment réunis par un cal élastique qui se pliait facilement, mais il y avait une union des deux fragments. Je ne craignais pas une pseudarthrose, mais comme le malade commençait à se servir un peu de sa main et comme il y avait un degré d’incurvation du bras en arrière, je fis placer un bâandage de corps plus large qui remontait jusqu’à l’insertion deltoïdiennne.,

Durant tout ce temps, nous assistions à des poussées successives des tubercules. Pour tout traitement le malade prenait du fer et du quinquina en poudre à l’intérieur.

12 décembre, Le cal paraît plus solide, le bras est redressé.

19" janvier 1876. Le cal est solide et le bras est presque droit, le cal est peu volumineux.

Le 2. Le malade est atteint d’érysipèle de la face, survenu après un coryza et un érythème des narines ; l’érysipèle s’étendit à la face et au cuir chevelu, et fut compliqué d’adénites cervicales qui nécessitèrent une série d’incisions.

Le malade guérit, ilsortit de l'hôpital le 15 avril 1876,

Les syphilides avaient disparu ; le bras était solide et sans raideur de l’articulation du coude, I.e malade a bien guéri et sauf une légère incurvation de l’humérus à concavité antérieure le bras a la forme à peu près normale,

Donc il faut suivre le sage précepte de Nélaton (1)

« Quand la consolidation ne se fait pas, il faut rechercher la cause de ce retard et la combattre si cela est en notre pouvoir. On a vu plusieurs fois une consolidation qui tardait à se faire chez des syphilitiques atteints de syphilis constitutionnelle, être obtenue promptement après l’usage d’un traitement antisyphilitique. >» Faute de cela, au lieu d’avoir la chance relative d’en être quitte, comme le malade de M. Desprès, pour six mois d’immobilisation, le sujet risque fort d’avoir une véritable pseudarthrose. Témoin le fait suivant :

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