‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 80 sur 101 · DS · texte numérisé non relu

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tion de l'os ne se fit point, Sir C, Blike eut l’occasion de la voir à cette époque.

Depuis, la santé de cette femme déclina sensiblement, les os des autres extrémités s'altérèrent aussi ; elle fut de nouveau soumise à divers traitements mercuriels, soit chez elle, soit dans les hôpitaux de Middlesex et de Saint-Barthélemy, mais elle n'en retira aucun soulagement à ses souffrances, En septembre 1820, elle s'adressa à moi; tous les os cylindriques du corps étaient alors malades, chargés d’un dépôt de matière osseuse, avec inflammation et ramollissement du périoste.

La santé générale était déplorable, elle avait été détruite par la violence des douleurs, qui ne permettaient pas à la malade de jouir d’aucun repos pendant la nuit, [Le bras fracturé était moins tuméfié et moins douloureux que les autres parties, et la fracture était tout à fait mobile, par suite de l’usage qu’elle avait fait de son bras, en travaillant à l’aiguille.

ll se courbait presque dès que le corps se contractait, et quelquefois elle souffrait beaucoup de la compression du nerf cubital.

On lui prescrivit une forte décoction de salsepareille, avec de très petites doses d’oxymuriale de mercure ; on ouvrit un cautère à la jambe, qui lui procura un tel soulagement, qu’elle voulut absolument s’en faire établir à la cuisse et au bras, et qu'elle s’en trouva très bien. En suivant ce traitement, et en assujettissantla malade à une diète sévére, sa santé se rétablit graduellement,

Les douleurs ostéocopes, la tuméfaction du périoste se dissipèrent, et l’embonpoint reparut; après avoir suivi ce traitément pendant neuf mois, elle sortit de l'hôpital en mai 1821, jouissant d'une santé meilleure que depuis plusieurs années. Deux mois après, elle fut atteinte d’une pleurésieintense, pour lequelle il fallut lui tirer beaucoup de sang; cette maladie ne changea rien à l’ancienne affection des os dont elle était guérie. Ayant eu depuis l'occasion de la voir plusieurs fois, j'ai pu m'assurer qu'il n’y avait point de rechute et que la santé était très bonne.

Aussi était-elle très désireuse de récupérer l’usage du bras; toute action morbide paraissant avoir cessé, je crus devoir la soumettre à une opération semblable à celle que j'ai détaillée, quoique je n’eusse pas de grandes espérances de succès.

En incisant la partie externe du bras, je trouvaila portion supérieure de l'humérus remarquablement petite, il Y avait un intervalle considérable entre les deux fragments, la surface de l'inférieur rapprochée de l'articulation était beaucoup plus large, et ne correspondait nullement avec celle supérieure. Il me parut que l'os avait été absorbé dans une

étendue de plus d’un pouce. La profondeur de la plaie était notable, en raison de J’embonpoint de la malade. La proximité de parties im portantes à ménager nécessita de grandes précautions pendant l’opéra= tion, on enleva la substance intermédiaire formée entre les deux os, et leurs deux surfaces furent ratissées avec un bistouri très fort, ensuite on appliqua la potasse caustique aussi largement qu'on put le faire, sans atteindre les parties voisines, les surfaces osseuses paraissaient détruites et étaient noires. Le membre reprit de la rectitude après l’opération, et dès le lendemain l'extension fut portée jusqu'à donner au bras sa longueur naturelle, Je fixai le bras et l’avant-bras au corps au moyen d’attelles, dont l'une, mobile, pouvait s’ouvrir sur le côté en regard de la plaie, de manière à permettre les pansements sans mouvoir le bras. La douleur fut presque nulle après l’opération, et la santé n’en fut nullement troublée. Les granulations se déveluppèrent convenablement, la plaie se cicatrisa sans qu'on vit paraître aucune exfoliation. Le bras demeura dix semaines dans cette position, mais au bout de ce terme on seconvainquit qu'il ne s'était fait aucun travail de consolidation, il n’y avait aucun gonflement, aucun dépôt de matière osseuse entre les fragments, et le bras conservait autant de mobilité qu'avant l'opération.

J'étais d’abord disposé à croire que le non-succès de ce cas dépendait, en partie, du grand intervalle qui se trouvait entre les os, et que s’ils eussent été maintenus plus rapprochés, le résultat de l'opération eût été plus favorable; maïs en y réfléchissant bien, j'ai lieu d’en douter, puisqu'il ne s’est pas fait le moindre travail de réparation.

Presque tous les faits que nous avons passés en revue, tant pour les fractures spontanées que pour les fractures traumatiques, démontrent l'efficacité du traitement général antisyphilitique. Sans doute, en l’absence de toute médication spécifique, on peut voir des guérisons ; Duerterhoff (loc. cit.) nous dit quels consolidation généralement est seulement ralentie. [es observations sont peu nombreuses pour étabiir ce point, car peu de chirurgiens resteront inactifs en présence d’un sujet syphilitique chez le quel une fracture ne se consolide pas. Au bout du temps ordinaire, quand on lève l'appareil et qu'on constate la mobilité anormale, ils prescriront le traitement antisy-

phiitique, et nos observations antérieures démontrent que cettà conduite est sage. M. Desprès, cependant ne s’y rallie pas ; une observation de lui en fait foi. Il est vrai que le résultat, tout en finissant par être bon, n’a pas été des plus brillants. Le parallèle est facile à établir après avoir

lu la relation que voici :

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