‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 84 sur 101 · OBSERVATION LXXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXXIV

Retard de consolidation de fracture dû à la syphilis, par Arthur H. Nichols. In recent proceedings of the Roxbury medical society.

(Boston med. and surg. journ., 13 avril 1876, t. XCIV, p. 424.)

Malade de 39 ans, officier de cavalerie, d’une apparence physique excellente avec un système musculaire bien développé. Au mois de février 1874, cet homme est tombé et s’est fracturé le tibia à 2 pouces et demi au-dessus des malléoles. La fracture fut réduite et contenue par les procédés habituels. Cinq mois,après, on n’avait obtenu qu'une union cartilagineuse imparfaite; et quoique la mobilité ne fût pas telle qu’on pût nier toute production osseuse, le siège de la fracture était

néanmoins indiqué par une dépression au n'veau du cal et une certaine flexibilité de la jambe en ce point. On ne ‘rouvait pas dans ce cas les causes habituelles des pseudarthroses, Ja fracture n'était pas compliquée, n’avaitpas été produite par un de ces broiements où la vitalité de l'os est diminuée. Il n’y avait rien dans l’âge ou l'apparence extérieure qui pût en apparence gêner la consolidation, On ne pouvait invoquer un . défaut de nutrition par lésion artérielle, par compression du bandage. Mais en recherchantles antécédents, on trouvaitunesyphilis certaine. Environ cinq ans auparavant, le malade avait eu un chancre induré, suivi d'angine spécifique, d’engorgement glandulaire du cou et de chute des cheveux. Îl fut traité convenablement et deux ans plus tard se maria. Sa femme eut trois enfants venus à terme, mais morts syphilitiques au bout de quelques jours; elle présenta elle même des symptômes nets de syphilis. En présence de ces faits, il semblà rationnel de conclure que la nutrition du membre avait été défavorablement influencée par suite d’une altération morbide au niveau de la fracture; cette altération surait entrainé la production d’une substance molle et flexible, au lieu de la structure compacte normale, comme cela a lieu dans la phthisie ou pendant la grossesse. Le traitement antisyphilitique fut adopté en même temps que des bains salés et l’exercice du cheval, Deux mois après une amélioration nette était perceptible et au bout de six mois, la consolidation était parfaite,

On a même prétendu que le mercure, en sa qualité d’altérant, donnait des succès daus le traitement des pseudarthroses en général.

Malgaigne (1) sans parler des cas où il y a syphilis antécédente « comme on en trouve des exemples dans Ravaton et dans Swediaur », nous apprend que Fleury (du Val-de- Grâce) prescrivait le mercure jusqu’à salivation dans tous Jes cas de non consolidation. Il nous apprend que, suivant Norris,en1830,S{ephenHammick le préconisait; maisilomet de nous dire que le malade de cet auteur avait la syphilis :

(1) Maigaigne, Loc. cit., t. I, p. 804.

Page 1