OBSERVATION LXXXV
Fracture compliquée, Ulcération spécifique de la plaie. Cicatrisation par le traitement. Pas de consolidation de la fracture,
(Blanpain, d’après L,-H. Petit. Traumatisme et syphilis. Th. Paris, 1875, p. 41.)
Fracture de l’humérus à son tiers supérieur par coup de feu. Débridement des plaies d’entrée et de sortie. Extraction de nombreuses esquilles. Le membre est mis dans un appareil. Commencement de cicatrisation.
80 mars (deux mois après l’accident), Il ne reste plus que deux plaies, une en avant et une autre en arrière, mais la cicatrisation marche lentement. On applique trois attelles sur le bras, le membre est placé dans . une écharpe et le malade commence à se lever.
5 avril et jours suivants. La plaie antérieure change d'aspect, le fond se creuse, les bords se renversent et prennent une teinte violacée, Les symptômes fournis par cet ulcère et les circonstances commémoratives font découvrir une syphilis invétérée,
Le 8. Les frictions de pommade mercurielie sont employées et, quoiqu’elles n’ougmentent pas la sécrétion des glandes salivaire, les ulcérations se cicatrisent.
Vers la fin de juillet, six mois après avoir été blessé, le malade sort, guéri de sa blessure. Il a le bras droit raccourci de deux pouces, Les fragments de l’humérus se touchent sans être soudés. (Blanpain. Thèse
Paris 1822, n° 169, p. 174.)
Gellé. 8
Dans ces deux observations, nous voyons une plaie qui tarde à se cicatriser et qui, soit spontanément, soit à la suite d’excès faits par le malade, prend un caractère ulcéreux avec des bords taillés à pic, un fond sanieux. Dans tous ces cas, il s'agissait de syphilitiques tertiaires, et les plaies se sont rapidement cicatrisées par le traitement.
Une particularité à noter encore à propos de l’évolution de ces plaies, c’est que les modifications qu’elies ont subies de la part de la diathèse ont été en quelque sorte tardives, comme si un certain temps avait été nécessaire pour que la syphilis, appelée en ce point par le traumatisme, apparût avec ses lésions caractéristiques. C'est, du reste, un point qu'avait déjà parfaitement remarqué M. le professeur Verneuil, à propos des modifications que la syphilis pouvait imprimer aux lésions opératoires, lorsqu'il disait : « Les premières phases du processus traumatique sont normales ; la détersion, la granulation, la suppuration, en un mot les actes préparatoires de la cicatrisation, s’accomplissent naturellement, et ce n’est qu’au bout d’un certain temps que les bourgeons charnus devenant malades à leur tour, le travail de réparation est arrêté (4). »
(1) Rev. mens. de méd, e de chir., 1879, t. LIL, p. 358.