OBSERVATIONS
OBsERvATION | (Personnelle et inédite).
(Service du Professeur Guxor.) Périarthrite du genou à la suite d'un cerclage de la rotule.
M... (E:), 30 ans, marin, aucun antécédent. Entre, le 28 décembre 1933, salle 31, lit 16, pour douleurs lancinantes au niveau du genou droit.
Histoire de la maladie. — En rade de Dakar, le M octobre 1932, alors qu'il était occupé sur son. navire, le malade fit une chute du haut d'une échelle d’une hauteur d'environ 3 mètres. Il tomba sur les genoux et ne put se relever. Transporté à l'hôpital colonial, on diagnostiqua une fracture à trois fragments de la rotule droite. Le blessé fut opéré immédiatement et on fit un cerclage de la rotule. Il resta deux mois à l'hôpital, mais on le fit se lever vers le huitième jour après l'opération, après l'avoir massé et avoir fait la mobilisation passive dans son lit.
Il sortit de l'hôpital non guéri, car il souffrait, dit-il, du genou. I vint à Bordeaux où il fut soigné par électrothérapie. Au bout de deux mois de ce traitement, en mars 1932, il lui était encore impossible de reprendre son travail, toujours à cause de ces douleurs. Enfin, après avoir longtemps attendu, il se rendit à la consultation du Professeur Guyot le 20 décembre 1933 et entra dans le service le 28.
Le malade raconte très bien cette histoire, mais ne peut donner d'autres précisions sur l'opération qu'il a subie,
pue
Examen. — À l'inspection, genou légèrement globuleux, avec méplats articulaires un peu effacés, légère amiotrophie du quadriceps crural droit.
À la palpation, douleur provoquée à la pointe de la rotule et sur son côté externe, où on sent une petite tumeur sur laquelle la peau est mobile et qui semble être le nœud fait lors du cerclage. La rotule est moins facilement mobilisable que du côté gauche.
Tous les mouvements de l'articulation sont possibles, mais rapidement limités par la douleur que l’on provoque.
Radio. — La radiographie ne montre rien; on n'y voit pas trace de fil quelconque.
Examen de laboratoire. — La recherche du B. K. est négative.
Le 14 janvier 1936, après avoir fait une petite incision au niveau de ce qui semble être un nœud, on pratique l’ablation d’un point du crin de Florence qui faisait corps étranger. La rotule semble bien consolidée:
Suites opératoires. — Le malade sort le 3 février 1936, ne ressentant plus de douleurs dans son genou. Tous les mouvements sont possibles sans limitation.
Le blessé faisait donc de la périarthrite du genou due à l'irritation permanente du crin qui y était resté. On ne s'explique pas la présence de ce crin de Florence, à moins qu'il n'ait servi, avec d'autres qui auraient disparu, à faire Je cerclage. C’est la seule explication qui semble possible puisqu'on ne retrouve aucune trace
de fil métallique.