OBSERVATION II
Fracture compliquée du tibia et du péroné au tiers inférieur. Infection de la plaie. — Plâtre puis quelques jours après suture osseuse. — Elimination de séquestres. — Guérison.
Léonard D..., maçon, trente-neuf ans, le 24 juin 1898, est
tombé d'un mur d’environ 2 mètres de haut sur ses pieds,
la jambe droite étant dans l’abduction ; puis il s'est laissé tomber à terre, où il est resté étendu sans connaissance, On le relève et le transporte d’'Arcueil à l'hôpital Cochin sans qu'il ait repris ses sens.
À l'examen, on constate à l'union du tiers inférieur et des deux tiers supérieurs de la jambe, en avant, une plaie étroite livrant passage à une apophyse osseuse saillante. Une grande quantité de sang s'écoule par cette plaie. ,
Les deux os de la jambe sont fracturés comme le montrent la crépitation et la mobilité anormale. Ils sortent tous les deux par la plaie. Les deux fragments inférieurs ballottent lorsqu'on soulève le membre. La douleur est considérable.
Quelques heures après son entrée à l’hôpital, on fait la désinfection de la plaie sous chloroforme. La plaie est largement débridée, et les fragments osseux ne paraissant pas infectés sont réduits.
Le membre est mis dans une attelle de Bœckel. Puis on fait une injection de sérum antitétanique. (10 cmc.)
27 juillet. — On renouvelle le pansement sec qu’on avait faitle premier jour. La plaie est en bon état, bourgeonnante.
9 août. — Les fragments étant déplacés on incise la plaie de nouveau et l’on rompt le cal. On résèque l'extrémité d’un fragment et l’on fait la suture osseuse.
10 août. — La plaie est en très bon état, le pied en bonne position. On fait un pansement sec à la gaze salolée.
22 août. — On change le pansement pour la deuxième fois. La plaie n’est pas complètement guérie mais est en bon état. Il existe un petit trajet fistuleux qui ne se forme qu'après élimination de deux petits séquestres.
15 septembre. — La consolidation n'est pas tout à fait
parfaite et l’on immobilise encore la jambe dans un appareil silicaté. |
15 octobre. — Le malade commence à marcher d’abord avec son appareil qu'on supprime au bout de quelques jours.
Le malade quitte l’hôpital le ro janvier 1899, IL marche assez bien mais en boîtant légèrement.
Le 5 avril de la même année le malade rentre à l'hôpital parce qu’il souffre au niveau du foyer de fracture, et qu'il ne peut travailler. Le membre présente un raccourcissement de 5 centimètres.
Le malade peut à peine marcher une demi-heure et le soir il constate un gonflement sensible au niveau du cou-de-pied. Il existe au niveau du foyer de la fracture une fistule longue d'environ 2 centimètres qui laisse. sourdre quelques gouttes de pus. On applique des compresses humides et on masse la jambe.
Quelques jours après le malade complètement guéri part
en convalescence à Vincennes le 23 avril 1899.