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OBSERVATION V

Fracture de jambe en V compliquée aumoment où le malade a voulu se relever. — [ésinfection. — Plätre. — Elimination d’un séquestre.

Joseph M..., charretier, trente-huit ans, rue de Tolbiac, 69, entre salle Demarquay le 21 mars 1898. Au cours d'une discussion, il reçoit de son adversaire un violent coup de pied au niveau du tiers inférieur de la jambe droite ; il tombe à terre, tente de se relever; mais à peine debout, il sent sa jambe droite fléchir et retombe sur le sol. En même temps il éprouve une vive douleur à l’endroit où a porté le traumatisme, et il s'aperçoit que sa jambe saigne.

À son arrivée à l'hôpital, on constate qu'il existe une fracture de jambe siégeant au niveau de l’union du tiers inférieur avec le tiers moyen. Le fragment supérieur du tibia taillé en bec de flûte a glissé sur le fragment inférieur et perforé la peau. Le chevauchement détermine un raccourcissement de

3 centimètres,

Le jour même, le malade étant anesthésié au chloroforme, on désinfecte la plaie selon les procédés habituels après avoir incisé la peau pour pouvoir réduire le fragment saillant au dehors. Le membre inférieur est placé dans une gouttière plâtrée remontant très haut sur la face postérieure de la cuisse et maintenant le pied à angle droit sur la jambe. La gouttière est construite de telle sorte qu’on puisse panser et surveiller la plaie.

Pendant deux ou trois jours on fait des pansements humides, puis des pansements secs à la gaze iodoformée. Des bourgeons charnus trop exubérants sont cautérisés au nitrate d'argent ; le bout du fragment supérieur du tibia qui etait dépériosté s’élimine peu à peu par petits fragments.

Mai. — Apparition d'une hydarthrose dans l’articulation du genou droit. Compression ouatée, l’'épanchement se résorbe peu à peu. La plaie est complètement cicatrisée.

Juillet. — Nouvelle hydarthrose dans la même articulation. De nouveau, compression ouatée avec bons résultats.

1e août. — Le malade commence à se lever et à faire quelques pas appuyé sur deux béquilles. Il sentquesa jambe commence à être solide ; toutefois, il ne peut rester longtemps debout : il se fatigue facilement, son pied enfle et devient douloureux lorsqu'il conserve longtemps la station debout.

Les jours suivants le malade continue à se lever ; il marche avec l’aide d’une béquille seulement ; il trouve que sa jambe devient de jour en jour plus solide.

25 août. — Il demande à sortir. La consolidation paraît

bonne, le cal n’est pas très volumineux, malgré un très léger

raccourcissement du membre (1 cent.) et une légère atrophie

du triceps. Il marche très bien et sort deux jours après.

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