‹ Des Fractures compliquées de jambe et de leur traitementChapitre 46 sur 51 · OBSERVATION XXXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIII

Fracture compliquée de la jambedroite de cause directe.— Scultet.— Retard de consolidation. — Ingestion de sucre et de thyroïidine. — Guérison.

M... Victor, trente ans, charretier, entre le 15 mai 1908 à l'hôpital Cochin, salle Gosselin, parce qu’il a reçu un coup de pied de cheval qui lui a cassé la jambe. Le traumatisme a porté sur le tiers moyen. À ce niveau existe une plaie ovalaire de 1 centimètre de long sur 1/2 centimètre de large

située sur la face interne du tibia. Il existe dela tuméfaction

LA

ALLO ire

sur tout le côté interne de la jambe. Le pied est légèrement dévié en dehors. Le malade ne peut pas remuer sa jambe ; quand il essaie de la soulever on voit se dessiner nettement une saillie sous la peau. Cette saillie est produite par l’extrémité inférieure du fragment supérieur. On peut imprimer à la partie inférieure du membre un ballottement considérable. Pas de troubles de la sensibilité ou de vascularisation.

Désinfection de la plaie. Pansement et appareil de Scultet. Injection de sérum antitétanique. Au bout de dix jours la plaie. est fermée ; on met un plâtre ; au bout de quarante jours le plâtre est enlevé ; mais la consolidation n'étant pas complète, on en remet un autre et on fait ingérer au malade 500 grammes de sirop de sucre et deux tablettes de o gr. 10 de thyroïdine par jour. Le soixantième jour on met un silicaté qui permet au malade de marcher. Le 15 août, cet appareil est enlevé. La consolidation est bonne, le membre

n’a pas de raccourcissement ; le malade sort le 25 août.

OBSERVATION XXXIV (Personnelle)

Fracture compliquée de la jambe droite. — Retard de consolidation. — Sucre et thyroïdine.— Guérison

Auguste L..…, corroyeur, cinquante-deux ans, à Gentilly. entre salle Demarquay à l'hôpital Cochin, le 1° juillet 1908. I1 était debout sur la plate-forme d’un omnibus, quand, celui-ci se mettant en marche, il a perdu l'équilibre et est tombé, le poids du corps portant à faux sur la jambe droite, Il ne peut se relever. Il perd une grande quantité de sang. Pansé chez un pharmacien voisin, il est ensuite porté à l'hô-

pital; sa plaie saigne toujours beaucoup. Elle siège à l'union

dutiers moyen et dutiers inférieur, sur la face antérieure de la jambe, L'hémorragie persistante est si abondante que l’on croit tout d’abord à une déchirure de l'artère tibiale antérieure. La jambe est augmentée de volume à cause de l’infiltration de sang dans la profondeur. Les deux os de la jambe sont fracturés, le trait de fracture du tibia est dirigé obliquement de haut en bas et d’arrière en avant.

La plaie est désinfectée et pansée. L'hémorragie s'arrête. Injection de sérum antitétanique. — Pendant treize jours le membre est immobilisé dans une gouttière ouatée, la jambe ne diminue que très lentement de volume.

14 juillet. — On incise un gros hématome suppuré siégeant à la face antéro-interne de la jambe à la partie moyenne du tiers supérieur.

19 juillet. — On applique un appareil plâtré qu’on laisse quarante jours, (une fenêtre a été pratiquée au niveau de la plaie supérieure, l’inférieure est complètement cicatrisée).

29 août. — On enlève l'appareil plâtré parce que le malade a de la fièvre. Il existe un gros abcès à la région postéro-externe du genou. Incision et drainage de cet abcès dont la cicatrisation se fait en quelques jours.

La consolidation n'étant par parfaite, le membre est laissé un mois dans une gouttière.

1er octobre. — La consolidation ne progressant pas, on donne du sirop de sucre au malade, 500 grammes par jour environ, ainsi que de la thyroïdine.

20 octobre. — La consolidation est parfaite; mais ilexiste un raccourcissement de 2 centimètres environ. Le pied est légèrement en varus équin. Les mouvements du pied sur la

jambe sont un peu limités, Il existe de l’'empâtement des

téguments dans la région du cou-de-pied. Le malade commence à marcher. Séances de massage.

Le malade quitte l'hôpital le 18 novembre guéri.

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