TABLEAU DES OBSERVATIONS
I. Astox-Key (Gazette médicale de Paris, 1833, p. 720). — Homme de 33 ans; chute sur le talon. Fracture des deux os de la jambe au tiers supérieur; fragments supérieurs en arrière, fragments inférieurs en avant.
II. Syme {Archives générales de médecine, série II, t. 11, 1836, p. 97). " — Homme de 34 ans; choc d'une pierre contre la jambe. Fracture du tibia immédiatement au-dessous du ligament rotulien ; fragment supérieur attiré en avant, surtout dans la flexion. Epanchement abondant dans l'articulation, l'espace poplité et les tissus voisins de la fracture. Immobilisation dans l'extension.
III. Jobert de Lambàlle (Archives gén. de mèd., série II, t. XIV, 1837, p. 438). — Homme de 48 ans. Fracture transversale de la jambe, à la jonction du quart supérieur avec les trois quarts inférieurs, avec petite plaie en avant. Guérison au bout de cent quinze jours.
IV. Bouygues, D'Aùrillac (Bulletin de l'Acad. de méd.,t.Xl. 1845. p. 26). — Femme de 37 ans, renversée par une voiture ; le poids de celleci tombe sur la jambe gauche, étendue, portant à faux supérieurement, audessus d'un sillon, et croisée par le manche d'une fourche à la hauteur de l'épine du tibia. Fracture des deux os ; fragment inférieur repoussé dans le jarret. Concavité antérieure du membre; raccourcissement de 9 à 12 centimètres. Gangrène; amputation de la cuisse le 19° jour. Vaisseaux intacts; infiltration considérable de sang et de pus. Guérison.
V. Middeldorpf (Beitràge zur Lehre von den Knochenbrûchen ; Bres- Iau, 1853). — Homme de 63 ans. Apparition d'une petite grosseur à quatre travers de doigt au-dessous du genou gauche ; au bout d'un mois et demi, fracture spontanée du tibia au-dessous de cette place. Mort après vingt-deux semaines. La fracture siège à 2 pouces 1/2 au-dessous des surfaces articulaires; à partir de ce point, et sur une longueur de 3 pouces, carcinome du tibia.
VI. Harvey-Jewet (Bérenger-Féraud, Traité des fractures non consolidées; Paris, 1871. Extrait de Buffalo med. Journ., mai 1853). — Homme de 30 ans ; pris sous une pierre. Fracture du tibia au tiers supérieur, et du péroné au tiers inférieur. Plan incliné. Au bout de douze semaines, pas de consolidation du tibia. Perforations dans les fragments à l'aide d'une alêne ; guérison au bout de cinq mois et demi, à partir de l'accident.
VU. Depaul (thèse de Laborderie ; Paris, 1854). — Homme de 40 ans. Fracture transversale de l'extrémité supérieure du tibia, par cause directe. Consolidation au bout de cinq mois.
VIII. Velpeau (thèse de Boureau; Paris, 1856). — Homme de 45 ans ; chute du haut d'un échafaudage. Fracture au tiers supérieur du tibia gauche, oblique en bas et en dedans ; fracture du péroné 3 à 4 centimètres plus haut. Concavité supérieure du membre; mobilité; crépitation. Tuméméfaction considérable; épanchement de sang. Petite plaie communicante ; emphysème. Consolidation au bout de cinquante-sept jours.
IX. Baudens (Gaz. des Hôp , 1855, p. 127). — Soldat de 26 ans ; coup de pied de cheval sur la jambe. Fracture des deux os au tiers supérieur ; plaie ; esquilles. Appareil de Baudens. Hémorrhagie artérielle le vingtième jour, se répétant les jours suivants. Ligature de l'artère fémorale au tiers supérieur de la cuisse. Plus tard, amputation.
X. Monceau (Bulletins de la Soc. anatom., 18S6,p. 75). — Cuirassier; coup de pied de cheval sur le tibia gauche. Fracture du tibia seul, oblique en bas, en avant et en dedans, commençant en arrière à 3 centimètres de l'interligne articulaire, et se terminant à 5 centimètres de la tubérosiié tibiale. Plaie. Pas de déplacement, de mobilité, de crépitation. Vaste ecchymose ; gangrène au bout de quelques jours, aux environs de la fracture. Mort le vingt-cinquième jour. Pus dans les veines fémorale et saphèue interne au voisinage du genou ; pus dans l'articulation.
XI. Huguier (Bull, de la Soc. anat., 4858, p. 513). — Homme de 30 ans; pris sous un éboulement. Fracture de la jambe droite, fracture double de la jambe gauche, fracture de l'humérus. Au bout d'un mois hémorrhagies répétées à la jambe gauche ; amputation de cuisse ; mort. La fracture supérieure de la jambe gauche commence en arrière à 6 centimètres de l'interligne articulaire, se dirige en ba3, en avant et en dehors, et se termine par une pointe, à 10 centimètres de l'articulation. Le fragment moyen est long de 13 centimètres en arrière, de 9 centim. 1/2 en avant. En bas, la solution de continuité est oblique en avant et en bas. Ulcération du tronc de la poplitée.
XII. Black (The Lancet, 1861, 7 sept.). — Machiniste tombé avec sa locomotive, d'une chaussée haute de 20 pieds. Fracture de cuisse. Le lendemain, gonflement de la jambe, menace de gangrène du pied. La gangrène augmentant, en même temps que l'on reconnaissait une fracture du tibia, avec saillie du fragment supérieur, amputation le huitième jour; mort. On trouve l'artère tibiale postérieure déchirée, le tibia brisé transversalement à 2 pouces de l'interligne, avec fracture oblique du péroné à 3 pouces au-dessous ; de plus, fracture de cuisse.
XIII. Gosselin (Bérenger-Féraud, thèse de Paris, 1864). — Homme de 57 ans. Fracture en V des deux os de la jambe au tiers supérieur, avec saillie du fragment supérieur, facilement réductible. Guérison au bout de soixante-six jours.
XIV. Trélat (Bull, de la Soc. anat., 1863, p. 186). — Femme de 73 ans ; renversée par une voiture. Fracture du tibia, oblique en haut et en arrière, dans le tiers supérieur ; saillie du fragment supérieur. Esquille intermédiaire aux deux fragments. Fracture de l'extrémité supérieure du liéroné. Mort le troisième jour. y
XV. Richard (thèse de Durochas ; Paris, 1867). — Homme de 04 ans; renversé par une grosse pierre. Fracture de l'extrémité supérieure du tibia gauche sans déplacement. Consolidation au bout de huit mois. Récidive à la suite de tentatives pour mobiliser le genou.
XVI. Laugier (thèse de Durochas). — Homme de 44 ans ; renversé par une voiture. Fracture de l'extrémité supérieure du tibia, avec plaie communicante. Cicatrisation de la plaie au bout de cinquante jours ; consolidation de la fracture quarante jours plus tard.
XVIf. Laugier (thèse de Durochas). — Homme de 66 ans; passage d'une roue de voiture. Fracture transversale de l'extrémité supérieure du tibia au niveau de l'épine, sans déplacement. Consolidation après six mois et demi.
XVIII. Laugier (thèse de Fargeaud, Paris, 1866). — Homme de 50 ans •, passage d'une roue de voiture. Fracture transversale du tibia à 1 pouce 1/2 de l'articulation, sans déformation, ni crépitation. Vaste épanchemenf . Consolidation après quatre mois et demi ; raideur articulaire.
XIX. Laugier (ihèse de Marie ; Paris, 1867). — Homme de 66 ans. Fracture du tibia à 3 centimètres de la tubérosité antérieure, et du péroné à la partie moyenne. Epancheraient articulaire ; la fracture est oblique en dedans et en bas. Appareil ; demi-flexion, Guérison après deux-cent-deux jours.
XX. Laugier (thèse de Marie). — Homme de 75 ans, écrasé par un omnibus. Fracture de lajambe, un peu au-dessous de la tubérosité antérieure ; le fragment inférieur déborde le supérieur. Deux jours après, délire, coma et mort.
XXI. Richeï (ibèse de Fargeaud). — Femme de 59 ans ; tombée, la jambe étant ployée sous elle'. Fracture du tibia, au niveau de la tubérosité antérieure, oblique en haut et en dedans ; fracture du péroné à 5 centimètres de la tête. Epancheraient dans le genou ; gonflement, ecchymoses. Pas de déplacement. Consolidation au bout de quatre mois. Une fracture de la clavicule, faite à la même date, était consolidée le quarantième jour.
XXII. Richet (Cliniq. de l'Hôtcl-Dieu, in Union médicale, 1875). — Homme de 30 ans ; talon pris dans la grille d'un marchepied, tandis que le corps était lancé en avant ; le malade avait essayé de se dégager par un
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mouvement de torsion. Craqnement. Fracture transversale du tibia audessous de Tépine, fracture du péroné au-dessous de la tête. Jambe pliée en dehors. Gonflement énorme les jours suivants. Consolidation après plus de trois mois.
XXIII. Richet (observation personnelle). — Femme de 22 ans. Fracture des deux os de la jambe un peu au-dessous de l'épine du tibia, par le même mécanisme que le précédent. Epanchement dans l'articulation et autour d'elle. Vaste ecchymose; phlyctènes. Saillie légère du fragment supérieur. Consolidation au bout de soixante-six jours.
XXIV. Richet (observation due à mon collègue et ami Maunoury). — Homme de 65 ans ; renversé par une voiture; pas d'autre renseignement. Fracture transversale des deux os de la jambe droite, un peu au-dessous de la tubérosité antérieure du tibia ; mobilité Irès-prononcée ; peu de douleur; pas de déplacement. Ecchymose de toute la jambe. Consolidation au bout de quatre-vingts jours.
XXV. Richet (observation due à mon collègue et ami Maunoury). — Femme de 74 ans ; renversée par une voiture; pas d'autre renseignement. Fracture des deux os de la jambe droite à 2 ou 3 centimètres au-dessous de Ja tubérosité antérieure; mobilité ; pas de déplacement. Ecchymose de toute la jambe ; en arrière, petite plaie, que l'on bouche au collodion ; en avant, au quart inférieur de la jambe, eschare brune, parcheminée, oblique en bas et en dehors, et paraissant due à la pression de la roue. La malade quitte l'hôpital au bout de soixante-six jours; la consolidation n'est pas complète
XXVI. Marc Séb (thèse de Marie).. — Homme de 32 ans; renversé par une pierre. Fracture de la jambe à 7 centimètres de l'articulation , ro • tation du membre en dehors. Epanchement de sang. Consolidation après cent treize jours.
XXVII. Marc Sée (thèse de Marie). — Homme de 46 ans; chute de 2 mètres de hauteur sur les pieds. Fracture du tibia seul a-i niveau de la tubérosité antérieure. Gonflement considérable ; crépitation et mobilité perçues au bout de vingt jours seulement. Consoiiualion après cent dixhuit jours. Récidive le 153e jour, à la suite de tentatives poui mobiliser le genou.
XXVIII. Cruveilhier (thèse de Durochas). — Homme de 49 ans ; ren-
versé par un omnibus. Double fracture de jambe : l'une, au quart inférieur, est consolidée au bout de soixante-six jours ; la seconde, h 5 travers de doigt de l'extrémité supérieure, n'est solide qu'après cen». cinq jours.
XXIX. Lefort (Bérenger-Féraud, Traité des fractures non consolidées). — Homme de 41 ans. Fracture de jambe à la jonction du tiers supérieur et du tiers moyen ; fragment supérieur porté en dehors et en avant, fragment inférieur en dehors et en arrière. Guérison au bout de quatre mois.
XXX. Caspary (Berl. klin. Wochenschr., 1867, n° 4). — Homme de 26 ans, rhumatisant. Fracture spontanée du tibia au tiers supérieur ; péroné intact. Consolidation au bout de cinq mois.
XXXI. Mirault (thèse de Bariller, Paris, 1872). — Charpentier ; fracture directe de la jambe, à 4 travers de doigt au-dessous du genou. Arthrite du genou ; vaste épanchement sanguin à la partie interne du membre. Ponction de l'épanchement, avec aspiration. Guérison.
XXXII. Tillaux (thèse de Cazeneuve, Paris 1875). — Homme de 28 ans ; chute sur un trottoir. Fracture transversale du tibia au dessous delà tubérosité antérieure ; fracture du péroné. Gonflement considérable; chevauchement léger dn fragment inférieur. Guérison en soixante jours.
XXXIII. S. Duplay (observation personnelle). — Femme de 31 ans: chute dans la rue. Fracture du tibia seul à 2 travers de doigt au-dessous de la tubérosilé antérieure, sans déformation. Trois ans auparavant une fracture au même point avait mis quatre mois à guérir, et le membre, depuis cette époque, n'avait jamais joui d'une grande solidité. La malade quitte l'hôpital avec un appareil au bout d'un mois.
XXXIV. S. Duplay (observation personnelle). — G..., âgé de 50 ans ; tombé en montant en wagon et traîné sur la voie ; pas d'autre renseignement. Plaie contuse de la jambe gauche, un peu en dehors de la crête du tibia, à 3 travers de doigt au-dessous de la tubérosité antérieure, donnant issue à du sang veineux. Fracture comminutive du tibia à ce niveau ; fracture du péroné un peu au-dessous de la tête. Epanchement sanguin à la partie supérieure de la jambe. Autre plaie contuse à la partie inférieure. Tentative infructueuse d'occiusion de la plaie principale; le lendemain, appareil ouaté. — Au bout de trois jours des douleurs se manifestent dans le membre, et la température monte à 39°. Ces douleurs ne durent guère plus
d'un jour ; mais la température se maintient les jours suivants à un degré élevé (en moyenne 38e,5 le matin et 39e,5 le soir). L'appareil ouaté est enlevé le seizième jour de la fracture; on constate un phlegmon diffus de presque toute la jambe, avec ouvertures multiples de la peau, et nécrose des extrémités osseuses. Amputation de la cuisse. Mort par hémorrhagie foudroyante le huitième jour après l'opération. L'autopsie n'a pu être faife.
A l'examen du membre amputé on trouve une fracture du péroné au-dessous de sa tête, oblique en bas et en arrière. Quant au tibia, il est divisé en trois morceaux. Le fragment inférieur se termine en haut par une pointe située en avant et taillée aux dépens de la face externe ; cette pointe, trèsaiguë, mince et disposée en spirale, est distante de 8 centimètres de la limite supérieure de l'os, tandis qu'en arrière le trait de fracture en est éloigné de 14 centimètres 1/2.
La portion du tibia, qui se trouve au-dessus de cette division, est ellemême formée de deux morceaux : le trait de fracture, qui opère cette séparation, part du sommet de l'encoche correspondante à la pointe du fragment inférieur; de là il se dirige en haut et en dehors, contourne la face postérieure de l'os à 3 centimètres de l'articulation, pour descendre obliquement sur la face interne, et couper le bord antérieur du tibia à 12 centimètres de la jointure, au point même où aboutit déjà la fracture principale. Il suit de là que des deux morceaux qui constituent le fragment supérieur, l'un, le principal, comprend toute l'épiphyse, puis diminue graduellement d'épaisseur sur la diaphyse, et se termine en pointe sur le bord antérieur du tibia, avec une hauteur totale de 12 centimètres. L'autre morceau, qui n'atteint pas l'épiphyse, mais qui se prolonge plus bas que le précédent, ne comprend que la face postérieure de l'os, avec empiétement sur la face externe et surtout sur la face interne.