INTRODUCTION
Un fait de gangrène foudroyante dans un cas de fracture, recueilli ,a\ec tout le soin possible dans le service de M. Verneuil, est l’origine de ce travail.
Primitivement j’avais cru pouvoir m’en tenir à l’observation pure et simple suivie de quelques réflexions, mais trois observations de diverses espèces de gangrène étant venues s’ajouter à celle-là, je n’ai pas cru devoir me restreindre à ce sujet un peu limité, et il m’a semblé qu’on me saurait peut-être gré de chercher à condenser les faits nouveaux dont s’est enrichie la science depuis quelque temps.
J’ai divisé mon sujet « des gangrènes dans les fractures », en deux parties. Dans la première, j’ai fait de nombreux emprunts au grand Traité des fractures de Gurlt, que j’avais appris à connaître en Allemagne, Ilandbuchder LehrevonderKnochenbruechen;YvQxiki\iTi, 18G0. J’ai essayé de mettre à profit les observations que l’éminent professeur avait sèchement rassemblées et j’ai cherché surtout k dessiner les principaux caractères différentiels des diverses espèces de gangrènes que j'ai appelées gangrènes mécaniques.
Dans la deuxième partie, j’ai placé les gangrènes par altération ou infection du sang ou gangrènes chimiques.
pour lesquelles Gurlt n’a f^ue quelques lignes à peine; j’ai rassemblé sous ce titre des gangrôoes qui naissent dans des conditions encore peu connues, par exemple celles qui suivent l’œdème aigu purulent de Pirogoff, l’érysipèle bronzé de Velpeau.
Je me suis enfin particulièrement attaché à décrire la gangrène foudroyante et j’ai cherché à y établir, au moins dans le fait dont je parlais en commençant, la présence des infusoires dans le sang.
Cette thèse n’est que la reproduction intégrale d’un travail que j’avais présenté en 1869 pour la médaille d’or. Sans me dissimuler tout ce qu’il offre d’incomplet à plus d’un titre, je me vois forcé de le reproduire tel quel, sans modifications aucunes; plus tard peut-être pourrai-je en reprendre d’une façon plus complète quelques-uns des points les plus importants. Confiantdonedans l’indulgence du lecteur, je vais aussi, comme tant d’autres, courir à la frontière; si j’en reviens, je ferai mon possible pour réparer les lacunes que peut présenter cette esquisse.
Paris, 7 août 1870.