‹ Des grâces d'oraisonChapitre 181 sur 199 · RÈGLES · texte numérisé non relu

RÈGLES

pour obtenir le même effet

avec un plus grand dùcemement des esprits;

elles conviennent davantage

pour la Seconde Semaine.

Première régie. C'est le propre de Dieu et de ses anges, dans les mouvements qu'il»» excitent, de donner la véritable allégresse et la joie s-pirituelle, bannissant toute tristesse et trouble suggéré par l'ennemi. Au contraire le propre de celui-ci est de faire la guerre à cette sorte de joie et à la consolation spirituelle, en apportant des raisons apparentes, des subtilités et des tromperies sans fin.

Seconde règle. Il appartient à Dieu N.-S. seul de donner à une âme la consolation, sans qu'une cause ait précédé; parce que c'est le propre du Créateur d'entrer dans sa créature, d'en sortir, de produire un mouvement au fond de rame, l'attirant toute à l'amour de sa divine Majesté. — Je dis sans cause précédente, c'est-à-dire sans que l'esprit et les sens aient été frappés d'aucun objet par lequel une telle consolation aurait pu arriver à l'âme, au moyen des actes de son entendement et de sa volonté.

Troisième règle. Si une cause a précédé la consolation, celle-ci peut venir également du bon et du mauvais ange, mais pour des fins contraires : le bon ange a toujours en vue que lame profite, qu'elle croisse et qu'elle s'élève du bien au mieux; le mauvais ange la pousse dans une voie opposée, pour l'entraîner ensuite à tout ce que médite sa perversité et sa malice.

Quatrième règle. C'est le propre du mauvais ange, qui se transfigure en ange de lumière, d'entrer avec lame dévote et de la faire sortir avec lui-même; c'csl-à-dire qu'il suggère d'abord des pensées bonnes et saintes, conformément aux dispositions de cette âme juste; et puis il tâche peu à peu de parvenir à sa fin, en l'attirant dans ses pièges occultes et à ses desseins pervers.

Cinquième règle. Il faut examiner avec grande attention le cours des pensées successives; et si tout y est bon, le commencement, le milieu et la fin, tendant au bien sous tous les rapports, c'est le signe du bon ange. Mais si dans la suite des pensées qu'on lui suggère, l'âme finit par rencontrer quelque chose qui est mal ou qui la distrait du bien, ou qui est moins bon que ce qu'elle s'était proposé d'abord, ou encore quelque chose qui l'affaiblit, ou la rend inquiète, ou la trouble lui ôtant sa paix, son calme, le repos dont elle jouissait, c'est un signe manifeste que de telles pensées procèdent du mauvais esprit, l'ennemi de notre profit et de notre salut étemel.

Sixième règle. Quand l'ennemi de la nature humaine a été surpris et reconnu à sa «jueuc de serpent, c'est-à-dire à la fin mauvaise où il conduisait, la personne tentée par lui de la sorte trouvera de l'avantage à reporter son attention sur le cours des bonnes pensées qu'il a suggérées, pour voir quel en a été le principe, et comment peu à peu il est parvenu à la faire déchoir de cette suavité et de cette joie spirituelle dont elle jouissait, jusqu'à ce qu'il pût l'amener au point où tendait sa malice, pour qu'à l'avenir, profitant de cette connaissance expérimentale, elle sache se garder de ses pièges habituels.

Septième règle. Dans ceux qui avancent du bien au mieux, le bon ange touche l'âme doucement, légèrement et avec suavité; c'est comme une goutte d'eau qui entre dans une éponge. Au contraire le mauvais ange la touche durement, avec bruit et secousse, conime lorsque la goutte d'eau tombe sur une pierre. Mais dans ceux qui vont du mal au pire, les mêmes esprits se font sentir d'une manière opposée. La cause en est dans la disposition de l'àme qui se trouve leur être contraire ou semblable; quand elle est contraire, ils entrent bruyamment et avec sensation, de sorte qu'on peut s'en apercevoir facilement; quand elle est semblable, ils entrent avec silence comme dans une maison qui leur apparti'tii pt d.nil la porte leur est onv. ri.\

Huitième règle. Lorsqut^ l.i «oiisolation a lieu sans um- i uiim- i[ui i ju e* > <ié, encore qu'elle soit à l'abri de l'illusion, puisqu'elle ne procède que de Dieu .seul, comme il a été dit; néanmoins la personne spirituelle à qui N. S. Tac-

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corde, doit avec beaucoup de vigilance el d'altcnlion considr-rer et discerner le temps propre de cette consolation actuelle, du temps qui la suit, où l'âme encore fervente continue à sentir la faveur et les restes de la consolation dt'jà passée. Car souvent dans ce second temps, la personne en question, s'appuyant sur ses propres hahitudcs ou sur ses conceptions et ses jugements pour raisonner par elle-même, il peut arriver que, soit le bon ange, soit aussi le mauvais, concoure à lui faire prendre des déterminations et former de» desseins qui ne viennent pas immédiatement de Dieu notre Seigneur, C'est pourquoi il est nécessaire de les discuter avec beaucoup de soin, avant de leur donner un plein assentiment et de les mettre à exécution.

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